[Lis] L’été des saltimbanques, Joanne Harris

 
En ce début de XVIIe siècle, les bûchers des procès en sorcellerie, les tentatives de régicide et les guerres de religion embrasent la France. Actrice, danseuse, acrobate, Juliette, dépositaire d’un trop lourd secret, doit dire adieu à la troupe avec laquelle elle a couru les routes du pays entier. Elle trouve alors refuge à l’abbaye de Sainte-Marie-de-la-Mer, en Vendée. Enceinte, elle y donnera naissance à la petite Fleur et, après avoir pris le voile, elle y deviendra également sœur Auguste. Mais réussit-on jamais à fuir son passé ?

L’été des saltimbanques est le premier livre que j’ai entamé à mon retour des Etats-Unis. Pour être précise, je l’ai ouvert durant le vol en espérant y trouver des personnages attachants, du dépaysement, ainsi qu’une lecture fluide et agréable. A dix mille mètres d’altitude, l’heure n’était pas aux romans obscurs ou exagérément complexes !

Même si je n’ai lu qu’une vingtaine de pages dans les airs, j’ai su immédiatement que ce livre était exactement ce qu’il me fallait alors. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé tous les ingrédients qui composent l’univers de Joanne Harris : vie nomade, liens du sang, magie, cuisine, sans oublier la sombre menace qui plâne sur le personnage principal.

J’ai beaucoup aimé la construction du récit qui, comme dans Chocolat, laisse à plusieurs reprises la parole à l’opposant de l’héroïne. Ses interventions se font plus nombreuses à mesure qu’il gagne du terrain et, à la fin du récit, l’alternance va en s’accélérant, ce qui donne aux dernières pages un rythme particulièrement haletant. Je les ai lues d’une traite.

La narratrice principale, Juliette, porte la marque de Joanne Harris : prête à tout pour défendre les valeurs qui sont les siennes, elle refuse de se fondre dans la masse et érige en priorités absolues sa fille et leur liberté.

Cependant, L’été des saltimbanques n’est pas une absurde transposition au XVIIe siècle de Chocolat. Ce qui fait sa force, c’est l’approche psychologique qu’apporte l’auteur à la construction des personnages. Souvent blessées par leur vie civile, les religieuses de Sainte-Marie-de-la-mer ont pour la plupart un passé chargé qui les prédispose aux réactions les plus extrêmes. L’arrivée de la nouvelle abbesse et de son confesseur fera d’ailleurs vaciller puis véritablement basculer l’équilibre de la communauté… Et quand l’hystérie se fait collective, les accusations de sorcellerie ne tardent pas à apparaître !

Seule la fin me pose encore question. Sans rien vous révéler, je dirais simplement que je suis incapable de décider si je l’ai aimée ou non. Elle est en tout cas à la hauteur de Juliette : aussi indomptable qu’imprévisible !

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