[Lis] La rebelle, Jennifer Donnelly

 
J’ai acheté La rebelle d’occasion, en pensant, après avoir lu la quatrième de couverture, qu’il paraissait plutôt sympathique… J’ai eu la formidable surprise de découvrir, dès les premières lignes, un roman plus que réussi, un immense coup de coeur au sens fort de l’expression !
 
Mattie Gokey, seize ans, a une passion : les mots. Depuis sa plus tendre enfance, elle les collectionne, écrit, encore et toujours, pour oublier la dure réalité d’une vie de labeur à la ferme.

Mais lorsqu’on ramène le corps d’une noyée à l’hôtel où elle travaille, les questions envahissent son esprit : qu’est-il arrivé à cette jeune femme qui ne demandait qu’à vivre ? La lecture de lettres déchirantes rédigées par la morte modifieront à jamais le destin de Mattie…

La première chose qui m’a plue à propos de ce roman est le style, fluide, sans lourdeurs, agréablement littéraire et contemporain.

La construction du récit est également pensée avec beaucoup d’intelligence : chaque chapitre est intitulé en fonction du mot du jour (choisi dans le dictionnaire par notre narratrice), mais ce mot est découpé en syllabes et nous le lisons dès lors à la façon de Mattie, comme si nous déchiffrions ce terme nouveau. Par ailleurs, des « flash forward » interrompent les chapitres classiques, ce qui ne nuit pas au suspense. Au contraire, le lecteur se demande sans cesse de quelle façon Mattie va en arriver là, réponse que nous découvrons lorsque les deux cadres temporels se rejoignent.

Plusieurs thématiques m’ont particulièrement interpellée. Tout d’abord, celle l’importance des mots : en effet, Mattie se rêve écrivain et ne quitte jamais son roman du moment. A seize ans, les classiques de la littérature et de la poésie américaines n’ont plus aucun secret pour elle, et inutile de vous préciser que ces références m’ont donné quelques idées pour remplir ma bibliothèque! Par ailleurs, les mots symbolisent la communication, le dialogue, l’échange. Mattie aspire à des conversations profondes, passionnées, ce qui est à des années lumière de sa vie de campagnarde et qu’elle ne connaît qu’avec son meilleur ami. Ce fil rouge est encore mis en évidence par l’intitulé des chapitres, déjà évoqué plus haut.

Mais le sujet qui m’a le plus touchée est celui de la condition féminine. Les personnages qui entourent la narratrice forment un tableau d’archétypes allant de la mère comblée à celle méprisée par toute la communauté, sans oublier la femme au foyer désespérée et la féministe incomprise, voire persécutée. Notre héroïne se trouve dès lors à la croisée des chemins, prise entre les attentes de la société, ses propres ambitions et désirs contradictoires. Cette réflexion s’ancre dans un début du XXe siècle encore largement mysogine, mais il me semble que cette réflexion est malheureusement loin d’être hors de propos cent ans plus tard.


En conclusion, que vous soyez amoureux des livres qui parlent de livres, passionné par l’histoire des femmes, ou simplement intéressé par un vrai bon roman, je ne peux que vous recommander La rebelle !

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