[Lis] Louisa et Clem, Julia Glass

Louisa et Clem de Julia Glass

 

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un bouquin que j’ai refermé il y a quelques jours et qui, pourtant, occupe encore mes pensées. Il s’agit de mon premier Julia Glass (de toute évidence, pas le dernier), intitulé en V.O. I see you everywhere, ce qui fut étrangement traduit par Louisa et Clem, en français.

Suis-je la seule à m’insurger contre ces traductions simplistes, banales, qui prennent les lecteurs pour des imbéciles? Je trouve le titre anglais tellement plus fort, intriguant, significatif… Pas vous? Fin du hors sujet, voici la quatrième de couverture.

Louisa et Clement sont rivales, amies et sœurs. Toutes deux ambitieuses et exigeantes – Louisa, l’aînée, dans sa passion pour l’art, Clem, la cadette, dans son amour pour la nature –, elles ont une relation compliquée. Louisa rêve d’un mariage stable à New York, tandis que Clem, la rebelle, la préférée selon Louisa, reste fidèle à son travail dans les montagnes Rocheuses mais infidèle aux hommes qui tombent sous son charme. Bien que la vie les éloigne, les deux sœurs vont peu à peu se rapprocher au gré des aléas de l’existence. Malgré les jalousies, les disputes et les larmes qui les opposent, Louisa et Clem ne peuvent échapper à l’amour inconditionnel qui les lie.

Dès les premières pages (je pourrais même dire la première page), j’ai su que ce roman allait me plaire. J’ai instantanément apprécié le style de l’auteur, qui correspond à ce que j’attends d’une écriture contemporaine: travaillée, imagée, mais ni lourde, ni stéréotypée.

Tout aussi rapidement, j’ai compris que ce qui allait réellement me faire aimer ce livre était la construction des personnages. Chacun d’eux est subtil, intéressant, au point que je les voyais apparaître un à un sous mes yeux, de la grand-tante rebelle aux nombreux petits amis qui ponctuent les vies des deux soeurs. Evidemment, ce sont ces dernières auxquelles on s’attache et, du moins en ce qui me concerne, on s’identifie le plus: Louisa, organisée, les pieds sur terre, ouverte et sensible, Clement, intrépide, instable, passionnée et surtout secrète.

La forme y est pour beaucoup: nous faisons leur connaissance de façon immédiate, les premières pages alternant les deux narratrices à un rythme rapide, avant de les découvrir plus en profondeur, alors que chaque prise de parole se met progressivement à occuper un chapitre entier. Nous comprenons ainsi ce qui les différencie, ce qui les unit, nous constatons leurs incompréhensions, leur rivalité, comme leur entente tacite.

Mais la raison de cette réussite est ailleurs.

En effet, si ces personnages paraissent si réels, ces sentiments si sincères, c’est avant tout parce que ce roman est très largement autobiographique. Julia Glass est Louisa. Je ne l’ai appris qu’à l’issue de cette lecture (je vous déconseille d’ailleurs de vous renseigner sur la vie de l’auteur si le roman vous intéresse, afin de préserver l’intrigue intacte), et j’ai alors mieux compris pourquoi Louisa m’apparaissait si proche, presque familière, contrastant de la sorte avec l’insaisissable Clem, qui est un personnage fantasmé, idéalisé, riche en zones d’ombres. C’est ce mystère qui fait que le roman reste en tête, car au moment où l’on croit enfin cerner Clem, celle-ci nous file entre les doigts, aussi imprévisible que les animaux sauvages dont elle a la charge.

En conclusion, j’ai été touchée, bouleversée par ce roman, mais également séduite par le style de Julia Glass, dont vous risquez d’entendre à nouveau parler sur ce blog.

 
 
 
 
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