[Lis] Est-ce que ce bruit dans ma tête te dérange?, Steven Tyler

Chaque année, je prends beaucoup de plaisir à rédiger les notes de lecture relatives à mes cadeaux de Noël. Il faut dire que les elfes ne se trompent jamais sur mes goûts, et que ces articles sont systématiquement débordants d’enthousiasme. Cette année, j’ai reçu deux livres, une autobiographie et une fiction. J’ai commencé par celui que je voulais lire dès sa sortie, celui qui est signé Steven Tyler.

 

Je suis une grande, grande fan d’Aerosmith depuis près de quinze ans (oui, faites le compte, j’étais très jeune). Nine Lives est le premier album que j’ai acheté, toutes catégories confondues, et je me revois encore chez le disquaire, parcourant le rayon Hard Rock avec ma maman, hésitant entre plusieurs titres d’Aerosmith, optant (dans le doute) pour le plus récent.

 

Mes pupilles et mes oreilles n’en sont pas restées indemnes. Visuellement, le livret m’a marquée, avec son artwork archi provocateur et toalement inédit. Il est d’ailleurs littéralement usé aujourd’hui: le papier est froissé et blanchi, à force d’avoir été manipulé à de trop nombreuses reprises.  Et puis, mes oreilles, évidemment, car le son de Nine Lives, cocktail d’influences incroyablement variées, fruit d’une inspiration extraordinaire, d’une imagination à peine croyable, m’a laissée sans voix.

 

Pour un premier cd, j’avais fait fort, et aucun ne l’égalerait jamais à mes yeux. J’y ai même consacré un « essay », durant ma première année d’université, qui m’a valu la meilleure note possible, avec les félicitations du professeur. A vrai dire, je n’y étais pour rien, je me suis simplement laissé inspirer par ce que je persiste à considérer comme un chef d’oeuvre musical.

 

Mais assez parlé de ma vie, place à celle (bien plus palpitante) de Steven!

 

« Des histoires inracontables, j en ai plein – trop – et je vais toutes te les révéler. En version intégrale, bien décapante : débauche, sexe et drogue, transcendance et dépendance, tout ce que tu as toujours eu envie de savoir, et même plus. La vérité, rien que la vérité : les prodigieuses aventures de Steven Tyler, de la bouche du maître, à bout portant, entre tes deux yeux. » 

 

Le résumé l’annonce, la vie de Steven Tyler est hors normes. Il y a ce que nous savons déjà: la drogue, les cures de désintoxication à répétition, les groupies, les crises au sein du groupe, le succès, les tournées. Tout cela est intéressant, particulièrement parce que le narrateur s’exprime à la première personne (autobiographie oblige), et que nous lisons donc son ressenti personnel par rapport à la gloire et ses dérives.

Pourtant, c’est sans doute ce que j’ai le moins aimé dans ce récit de vie, car bien que ces passages soient intenses et importants pour l’histoire d’Aerosmith, ils sont également nébuleux, sombres, et prévisibles: les substances, d’abord muses innofensives, se font dépendances et isolent les membres du groupe, jusqu’au clash inévitable.

 

 

 

Ce qui m’a vraiment passionnée, par contre, ce sont les cent premières et les cent dernières pages. Le début m’a beaucoup plu pour deux raisons. La première est que nous plongeons sans transition dans l’univers… voire dans la tête de Steven Tyler (d’où le titre). A la lecture du Similiprologue, j’étais aussi décontenancée qu’amusée: voilà un esprit particulier, qui s’exprime à un rythme de batteur, ne peut s’empêcher de jouer sur les mots, et laisse à chaque instant transparaître sa musique intérieure! Ces premiers chapitres sont aussi ceux de l’enfance du chanteur, et j’ai trouvé le jeune Steven Tallarico attachant et unique en son genre. Son intelligence et son extrême ingéniosité lui permettent de mettre ses idées les plus fantasques en pratique, comme celles d’électrifier la rampe d’escalier pour entendre ses parents approcher ou de transformer sa chambre à coucher en parachute.

 

 

Quant aux derniers chapitres, je les ai dévorés pour des raisons d’ordre musical. Get a Grip et Nine Lives (surtout Nine Lives!) sont indéniablement mes deux albums favoris d’Aerosmith, et découvrir leur genèse, leur signification, la façon dont ils ont été pensés, ne pouvait que me passionner. Les paroles de Steven Tyler sont mystérieuses, imagées, et cette autobiographie donne la clé de leur compréhension: jeux sur les sonorités issus du scat, les textes sont là pour suggérer, aux auditeurs de les interpréter, de les laisser résonner en eux.

 

 

En conclusion, je ne recommande ce livre qu’aux fans d’Aerosmith, mais je le leur conseille plus que vivement!

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s