[Lis] Les sorcières d’Eastwick, John Updike

Comme vous l’avez peut-être remarqué, je suis une inconditionnelle des romans de sorcières: Practical Magic (dont l’adaptation est un de mes films préférés), Amour et autres enchantements, L’ensorcelée de Salem,… Je suis toujours à la recherche de nouvelles histoires évoquant la sorcellerie, de manière historique ou, au contraire, transposée dans notre monde contemporain. Si vous avez des références à me conseiller, laissez-moi un commentaire sur cet article, je vous en serai très reconnaissante!

Dès lors, Les sorcières d’Eastwick m’apparaissait comme un classique du genre, un véritable incontournable. Je n’avais que peu de souvenirs du film, c’est donc avec un regard neuf que j’ai entamé cette lecture…

L’Amérique des années soixante-dix, époque d’aspirations confuses, mal affranchie des tabous religieux, de la morale et du sexe. À Eastwick, une petite ville de province, trois femmes divorcées, adeptes des pratiques occultes, trois sorcières, exercent sur les hommes et leurs concurrentes le pouvoir que leur confèrent et leur charme, et leur liberté, et leur perversité. L’arrivée de Van Horne, incarnation du Malin, déclenchera des évènements d’une ampleur sans précédent.

Ce roman avait tout pour me plaire. Des héroïnes puissantes et fascinantes, une petite ville américaine, une décennie captivante… Et pourtant, je suis allée de déception en déception!

J’ai très rapidement été gênée par le style de l’auteur. Je n’ai rien contre les descriptions, les changements de rythme ou les disgressions, mais dans ce cas-ci, j’ai déploré d’interminables longueurs. A la fin de ma lecture, il m’est même arrivé d’ignorer complètement plusieurs pages successives d’explications d’un morceau musical! Finalement, la trame narrative tiendrait sans problème sur 200 pages… et non près de 500!

Mais, fondamentalement, ce qui m’a dérangée, c’est cette vision du monde et de la femme. Les sorcières d’Eastwick haïssent les hommes, dont elles disposent selon leurs caprices, ainsi que les autres femmes, qu’elles jalousent ou méprisent. Elles se désintéressent totalement de leurs enfants, ces derniers représentant tout au plus une tâche ménagère supplémentaire.

Leur esprit libre n’est qu’un vernis qui se fendille dès qu’un homme, pourtant dérangeant et repoussant, entre en scène: prêtes à tout pour lui plaire, elles iraient jusqu’à sacrifier la valeur la plus importante pour elles, leur amitié. A mon sens, John Updike se moque littéralement de  l’autonomie féminine: pour lui, c’est un mythe, et il s’amuse à démontrer que les femmes ont beau revendiquer le droit de décider de leur existence, elles n’hésiteraient pas à envoyer valser jusqu’à leur dernière conviction pour les beaux yeux d’un inconnu.

Pire encore, il présente toutes les femmes comme des sorcières potentielles: individuellement, elles ne présentent pas une grande menace, mais lorsqu’elles se rassemblent, elles forment alors un cercle de médisances, de haine et de virulence. John  Updike se sentirait-il menacé par la solidarité féminine?

Je serais curieuse de revoir le film, dont l’adaptation prend quelques libertés avec le roman, si mes souvenirs sont bons, mais également de découvrir la série télévisée du même nom.  Je compte sur cette dernière, plus récente, pour offrir à ce récit un angle moderne et positif et pour montrer les sorcières sous leur visage le plus noble, celui de femmes puissantes, libres et solidaires.

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