[Lis] Confession inachevée, Marilyn Monroe

Depuis toute petite, je suis fascinée par Marilyn Monroe. Comme tout le monde, je l’ai d’abord trouvée très belle, tellement féminine, subjuguante par son naturel étonnant autant que par sa sophistication absolue.

A l’adolescence, j’ai entrepris de me renseigner sur sa personnalité, et certaines de ses paroles sont devenues mes citations préférées, mes devises. J’aurais aimé être son amie. Elle m’accompagne toujours à l’âge adulte, trônant sur ma table de nuit, dans son maillot une pièce blanc, légèrement décoiffée par le vent et l’eau de la mer.

Ce n’est donc pas un hasard si ma maman, toujours attentionnée, a choisi de m’offrir cette confession inachevée, qui n’est rien d’autre qu’un début d’autobiographie. Marilyn par Marilyn. Ou Norma Jean. Ce manuscrit, abandonné en cours d’écriture et livré aux bons soins de son ami Milton Greene, vient en effet d’être réédité, accompagné des plus belles photographies de Greene.

J’ai découvert tant de choses, au cours de cette lecture. L’histoire, en soi, est déjà passionnante, digne d’un conte de fées où l’héroïne, abandonnée par sa mère démente, passe d’une famille d’accueil à l’autre et atterrit, au prix d’une pauvreté extrême et de déboires incessants, à Hollywood. Pourquoi recherche-t-elle la célébrité? Ni convaincue de son talent, ni réellement intéressée par le cinéma, elle veut avant tout être vue, entendue. Elle veut que l’on ne puisse plus ignorer qu’elle existe. Sa quête n’a rien à avoir avec l’argent et la gloire. Norma Jean souhaite la seule chose qu’elle n’obtiendra jamais: de l’attention et de l’affection. Marilyn, c’est Cendrillon, sans le Prince Charmant qui résout tout.

Tout au long de son récit, nous découvrons son incroyable fragilité. Depuis toujours abusée, mal aimée, méprisée, Norma se juge durement. Elle ne cesse de regretter son manque de culture, son absence de don, sa maladresse en société. La seule chose en laquelle elle semble croire est son physique. Pour la plupart des personnes qu’elle rencontre, il s’agit là de sa seule richesse et celle-ci demeure bien souvent insuffisante: Marilyn sera longtemps abonnée aux scènes coupées au montage. Pas assez photogénique. Son succès, elle ne le devra en aucun cas aux réalisateurs et aux directeurs de studio, mais bien à l’engouement extraordinaire, inédit du public, tombé instantanément fou amoureux d’elle.

Aujourd’hui, Marilyn garde une place de choix dans mon coeur. Archétype de la belle incomprise, que si peu ont cherché à découvrir, que personne n’a aimée comme elle le méritait, elle a rédigé cette confession telle une bouteille à la mer. Victime des lumières trompeuses d’Hollywood, Marilyn était connue de tous mais de personne en particulier, tellement entourée, et plus seule que jamais. Son carrosse, resté citrouille, ne l’a emmenée que sur le chemin de l’isolement et du désespoir. Livrée à elle-même, elle a choisi de prendre un raccourci. Goodbye, Norma Jean.

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3 réflexions sur “[Lis] Confession inachevée, Marilyn Monroe

  1. J’ai beaucoup aimé lire cette critique (c’est un très bel hommage en plus). Je pense vraiment me procurer ce livre. Depuis que j’ai vu le film, j’ai vraiment envie d’en savoir plus. J’ai bien ressenti ce caractère dans le film, même si moi qui ne connaissait rien du tout à propos de Marilyn avant, j’ai été bien suprise. C’est pour ça que j’aimerais la connaître davantage. Je le mets en haut de ma wishlist celui-là, merci.

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