[Lis] Marcq ou crève, Philippe Godart – Par le Vert Lisant

Nul besoin d’aller enquêter dans un pays nordique ou dans les faubourgs de New-York quant, près d’une ferme d’une localité proche de Lille, l’on trouve le corps défiguré d’une jeune femme. Schryve, Capitaine de la P.J., se rend, donc, à Escobecques enquêter avec pour seul indice un prénom gravé sur la gourmette de la défunte: Mélanie.

Mais obtenir des renseignements!! Avec l’un, il faut discuter le prix du lait, avec l’autre: fermeture d’usine et chômage. Et tout cela pour de maigres renseignements: Mélanie? Oui! Elle venait, autrefois gamine, avec son frère, chez ses grands-parents. Ils faisaient des bêtises de gosses.Ses grands-parents? Ils sont décédés! Le propriétaire du champ n’en dit pas plus si ce n’est que son fils sortait avec elle, en vélo, qu’il a fait une chute dont il garde des cicatrices au visage, enfin, il a dit une chute… (ceci prendra sa signification dans le dénouement, mais chut).

Ensuite, le policier découvre une maison habitée par une bande d’originaux dont une certaine Yangani qui connaissait fort bien Mélanie: elle venait souvent la voir pour « retrouver son enfance ». La dernière fois, elle avait un tatouage dans le dos: un rosier. Et là, plus de doute, il s’agit bien de la bonne personne En fait, son vrai nom est Aline et non Mélanie. Elle n’aimait pas ce prénom …

De plus, le labo de la police scientifique a réussi à déchiffrer une date sur la gourmette: 28/07/1988. Les indices se recoupent et se complètent. Schryve communique ces renseignements à son collègue: le jeune lieutenant Leroy. Et, là, patatras,… le corps n’a pas été découvert à Escobecques mais à Marcq-en-Baroeuil!

Comment a-t-il pu ainsi se tromper? Leroy, furieux, met cela sur le compte de l’alcoolisme de son collègue. Il va falloir tout reprendre à zéro. Et où chercher? L’autopsie du corps de Mélanie va lui donner une piste: elle avait mangé de la feijoada. Or à Lille, il n’y a qu’un restaurant brésilien – où l’on se souvient d’elle. Elle était venue avec un homme d’un certain âge et elle a dansé la samba toute la nuit. Le guitariste, fermement sollicité, réussi même par dessiner le visage de cet homme. Enfin,on progresse!!

Et puis, à force, on finit par retrouver son nom dans les archives du lycée qu’elle avait fréquenté. C’était une très bonne élève, protégée par son professeur de math. Trouver celui-ci, c’est l’enfance de l’art. Ce dernier lui apprend que Mélanie est doctorante en biologie. Enfin, Leroy découvre qu’ elle loge chez son grand-père.

On progresse, toujours!! Le grand-père avoue qu’il s’agit d’une domiciliation fictive, Mélanie/Aline ne voulait pas être importunée. Elle avait un appartement; il lui en donne l’ adresse et la clef.  On progresse, à nouveau… Et là, outre les livres, les dossiers sur la biologie, etc.. Leroy trouve d’étranges médicaments qui, renseignements pris, se révèlent l’un destiné au sevrage tabagique et l’autre à lutter contre la schizophrénie. Ceci et la découverte d’une boîte plein de billets doux d’une multitude « d’admirateurs », il y a de quoi se poser des questions. Qui était Mélanie?

Il faut interroger le médecin prescripteur, le docteur Lemercier qui consulte dans un centre centre d’addictologie.  Lemercier est absent mais Leroy y rencontre Schryve qui suit, dans l’établissement, un traitement contre son alcoolisme. Et, coup de théâtre, Schryve reconnaît son beau-frère, le docteur Lemercier, dans le dessin du visage que lui montre Leroy. Il faut, absolument, interroger ce dernier! Mais le domicile du médecin est vide; il a fui en laissant, en évidence, une lettre… qui va dénouer l’intrigue, de manière totalement surprenante et …tragique.

Voila, à grands traits, résumé ce roman policier bâti sur une idée très originale: deux enquêtes, l’une menée par un homme alcoolique, dépressif, désenchanté, et qui paraît n’être qu’un fiasco; l’autre conduite par un jeune policier dynamique et qui d’indices en indices approche de la vérité. Les deux recherches finissant par se rejoindre et se compléter de manière totalement imprévue. Le dénouement est, lui aussi, inattendu et dramatique.

Si le roman est un peu bavard, il est de de la veine des meilleurs.On y trouve un regard parfois désabusé, parfois triste avec, quelque fois, dans le cours du récit, une bouffée d’air frais qu’apporte une pointe d’humour, regard qui cadre fort bien avec l’atmosphère de l’intrigue.

Mais, « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ». Pourquoi avoir mis dans l’œuvre des réflexions d’ordre politique que tout lecteur ne partage pas nécessairement et qui dans quelques années vont « dater » le roman? Et pourquoi dans la seconde enquête avoir glissé, de temps à autre, des propos ou argotiques ou quelque peu vulgaires ainsi que des scènes disons « légères » qui n’ajoutent rien, qui n’apportent rien ni a l’intrigue ni au caractère des personnages? « 

Dommage! Nous avons en main, avec Marcq ou crève », un très bon polar qui, autrement, aurait pu être un « grand policier ».

Merci le Vert Lisant!

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