[Lis] Un hiver à Madrid, C.J. Sansom – Par le Vert Lisant

Madrid en 1940, ravagée par la guerre civile, dirigée par Franco. Une Espagne ruinée, privée de ses réserves d’or et qui, faute de ressources, ne peut s’allier aux armées allemandes. A moins que…

Mais, des années auparavant, il y a Rookwood, un collège où les fils de « gentlemans » apprennent à devenir des « gentlemans ». C’est là que se côtoient: Harry Brett, Bernard Piper dit Bernie et Sandy Forsyth.
– Harry est un élève studieux qui, après des études à Cambridge, y deviendra chargé de cours en littérature française. En outre, il maîtrise parfaitement l’espagnol.
– Sandy, fils d’un évêque anglican, est un « sale gosse », chassé de divers collèges et placé à Rookwood pour y apprendre la discipline. Il en sera expulsé pour avoir, littéralement, rendu fou le Directeur.
– Quant à Bernie, il n’est « que » le fils d’un épicier. Mais il s’est montré si brillant que Rookwood l’a admis comme boursier.

Nous voilà à présent en 1936 et apparaît Barbara. Elle s’est engagée dans la Croix Rouge; elle est en Espagne dans le Service des personnes déplacées. A Madrid, elle a fait la connaissance d’un soldat anglais, Bernie, qui, devenu communiste, s’est engagé dans le combat antifasciste. Barbara en tombe follement amoureuse et, lorsque Bernie disparaît, à la suite d’une bataille désespérée et suicidaire, elle contacte la famille de ce dernier, laquelle demande à Harry, au nom de son amitié pour Bernie, et parce qu’il parle parfaitement l’espagnol, d’aller à Madrid et d’enquêter auprès des autorités. Mais cette recherche sera totalement infructueuse.

Londres 1940. Le Foreign Office est inquiet. Un certain Sandy Forsyth qui, à Madrid, traficote avec le gouvernement fasciste, aurait découvert une mine d’or. Si c’est vrai, alors Franco pourrait financer une guerre et s’allier à l’Allemagne. Qui peut mieux se renseigner sinon Harry? Il a un passé exemplaire, c’est un lieutenant rescapé de Dunkerque qui maîtrise l’espagnol, qui a déjà séjourné à Madrid et, surtout, qui a bien connu Sandy.

Voilà Harry envoyé à l’ambassade d’Angleterre et logé, comme par hasard, près d’un café où Sandy a ses habitudes. Et, après le temps voulu où Harry joue parfaitement son rôle de traducteur et, surtout, d’interprète, il entre dans ce café: « Ne serais-tu pas Sandy Forsyth? Me reconnais-tu, je suis Harry… » Les deux anciens condisciples refont connaissance si bien que Sandy l’invite chez lui où, au surprise, on retrouve Barbara. Elle a quitté la Croix Rouge. Déboussolée par la perte de Bernie, elle a trouvé auprès de Sandy un équilibre affectif et un confort matériel.

Très vite, Sandy parle de sa mine d’or et propose à Harry de faire fortune en y investissant.. Harry, évidemment, joue l’intéressé mais, prudent, demande à voir la mine. En fait c’est un champ avec un simple baraquement où deux spécialistes préparent les échantillons de terre aurifère demandées par les autorités, « lesquels en demandent toujours plus ».

Et, pendant toutes ces démarches, que Harry rapporte fidèlement à son ambassade, Barbara a fait connaissance d’un certain Luis dont le frère est gardien d’un camp de prisonniers où se trouve…Bernie. On peut le faire évader mais il y a de grands risques et ils se monnaient cher. Qu’importe, Barbara, toujours amoureuse de Bernie, paye.

Et…..rien ne va se passer comme il se devrait.

****

L’auteur, qui s’est fortement documenté, a voulu brosser un large tableau d’une époque et, cela, quelque peu au dépens des intrigues qui ne sont plus que des prétextes à mettre en scène des situations; elles se croisent et s’entrecroisent, se mêlent à de micro-récits tels: Londres sous les bombes, le rembarquement de Dunkerque, la réception chez un ministre espagnol, la description de l’épouvantable sort des prisonniers. Et enfin, à cela s’ajoutent des « flashbacks ». Le lecteur se noie dans un récit qui a tout l’air d’un patchwork et où le fil de l’histoire a tendance à se perdre et le lecteur à s’égarer.

Et puis,il y a des personnages « convenus »: la jeune espagnole « d’une famille pauvre mais honnête » et qui a abandonné ses études pour subvenir aux besoins de sa famille; le directeur du camps qui est, forcément, une brute sadique, l’aumônier un sectaire imbécile…

*

J’avais lu avec beaucoup de plaisir les trois romans où C. J. Sansom met en scène, sous le règne d’ Henry VIII, l’avocat Shardlake amené à débrouiller des intrigues policières – et je vous les recommande. Ici, mon impression est, on l’aura compris, mitigée. Le livre a reçu, à sa sortie de presses, de bonnes critiques; il se lit agréablement et malgré mes remarques, suscite l’intérêt. Mais il a un goût de trop et de trop peu. L’on a, presque, envie de mettre en marge de l’ouvrage: « Bien!! Mais.. peut faire mieux ».

Merci le Vert Lisant!

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