[Lis] Le manoir de Tyneford, Natasha Solomons

Voilà ce qui se passe quand on prend trop de temps avant de publier une note de lecture: on risque d’oublier ses meilleures idées, on craint de perdre la spontanéité de ses impressions, et on ne sait tout simplement plus par où commencer. Pourtant, il faut impérativement que je vous parle de ce roman, terminé il y a trois bonnes semaines, mais qui fut un vrai coup de coeur pour moi!

Au printemps 1938, l’Autriche n’est plus un havre de paix pour les juifs. Elise Landau, jeune fille de la bourgeoisie viennoise, est alors contrainte à l’exil. Elle ne sait rien de l’Angleterre, si ce n’est qu’elle ne s’y plaira pas.

Tandis que sa famille attend un visa pour l’Amérique, elle devient domestique dans une grande propriété du Dorset. C’est elle désormais qui polit l’argenterie et sert à table. Gênée par le barrage de la langue, humiliée et folle d’inquiétude, Elise se fait discrète, dissimule les perles de sa mère sous son uniforme et ne parle à personne du manuscrit que son père, écrivain de renom, a caché dans son alto.

Mais la guerre gronde et le monde entier change. Elise, forcée de grandir, s’aperçoit que son séjour à Tyneford pourrait être prolongé…  

Comme l’indique ce bref résumé, la première partie du livre se déroule en Autriche, et ce fut un plaisir pour moi de me plonger dans l’univers élégant de la bourgeoisie viennoise, avec ses repas mondains, ses conversations spirituelles et ses tenues somptueuses. Néanmoins, l’engagement d’Elise en Angleterre, qui signe son départ de ce cocon privilégié, permet au lecteur de découvrir un monde bien différent mais tout aussi séduisant: celui de Tyneford, petit village de pêcheurs, authentique et isolé, où la vie de notre héroïne va, de bien des manières, basculer.

Hormis ces paysages enchanteurs, j’ai également apprécié tous les personnages qu’Elise rencontre de l’autre côté de la Manche: de l’insouciant Kit au mystérieux Mr Rivers, sans oublier le flegmatique majordome Mr Wrexham et la minutieuse Mrs Ellsworth, la courageuse Poppy et même cette peste de Diana, tous ces personnages, plus ou moins secondaires, m’ont paru également intéressants et nuancés.

Quand les évènements s’accélèrent et que la guerre éclate, l’inquiétude monte et l’écriture de Natasha Solomons rend ce climat si perceptible que je me suis retrouvée, comme Elise, à attendre impatiemment les nouvelles de sa famille. J’ai réellement été happée par cette tension, et captivée par cette façon de (sur)vivre qui, avec sa pratique du black out et ses rares bribes d’informations transmises par voie radiophonique, pourrait pourtant paraître bien lointaine.

Je m’abstiendrai d’en dire plus, de peur de trop en révéler, mais sachez simplement qu’au fil de ces chapitres parfois sombres, se développe, en outre, une belle intrigue sentimentale, touchante et subtile. Pour toutes ces raisons, je ne peux donc que vous recommander Le Manoir de Tyneford.

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2 réflexions sur “[Lis] Le manoir de Tyneford, Natasha Solomons

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