[Lis] Bernadette a disparu, Maria Semple

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Bonjour à tous! Je suis ravie de revenir vers vous avec un article littéraire aussi enthousiaste. J’ai eu beaucoup de chance dans mes choix de lecture récemment… Pourvu que ça dure!

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Paralysée par son propre génie, associable, trop originale et trop angoissée pour la petite ville où elle a atterri, Bernadette se sent de plus en plus enfermée. Alors elle fuit Seattle et ses mères de famille proprettes jamais à court de muffins, son mari gourou chez Microsoft dont l’esprit trop cartésien ne parvient plus à la comprendre, et son passé glorieux d’architecte visionnaire montée trop haut trop vite et que la chute a laissée bancale. Tout a commencé quand Bee, brandissant son bulletin de notes, a réclamé la récompense qu’on lui avait promise : un voyage en famille en Antarctique ! Mais, au moment de partir, les névroses de Bernadette la rattrapent. Au pied du mur, elle disparaît. Sur les traces de sa mère, Bee découvre dans son courrier une montagne de secrets. La part d’ombre que toute mère cache à sa fille. À chaque page, Bee la découvre un peu plus géniale et imparfaite.

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Comme je vous l’écrivais sur la page Facebook du blog, ce livre a été pour moi un coup de cœur d’autant plus immense qu’il était inattendu. Dès les premières pages, j’ai adhéré à l’humour de l’auteur, qui nous dépeint des situations hilarantes, avec une ironie parfois mordante mais sans aigreur ni cynisme. Ce qui est rare, et même exceptionnel à mes yeux, c’est que l’on rit même lorsque les enjeux sont sérieux, voire réellement graves. Cela confère à Bernadette a disparu une tonalité douce-amère tout à fait unique.

L’autre particularité, qui se remarque immédiatement, c’est l’originalité de la construction du roman. Les interventions de la narratrice se trouvent, en effet, entrecoupées d’e-mails, de lettres, ou d’articles, d’auteurs différents : ce véritable corpus documentaire nous offre un éventail de points de vue, nous permet de mieux comprendre, et ainsi de nous positionner par rapport aux évènements qui suivront.

Cette découverte progressive de l’intrigue s’accompagne d’un identique dévoilement des personnages. Lorsque ceux-ci montrent finalement leur vrai visage, nous nous apercevons parfois à quel point nous avions pu nous tromper sur leur compte. Ce que Bee nous démontre, avec brio, c’est que les apparences sont bien souvent trompeuses et que les conséquences d’une perception erronée peuvent se révéler absolument dévastatrices.

Ce danger s’accroît encore dans un microcosme caractérisé par le manque de communication. Le père de Bee, tellement désireux de s’isoler qu’il choisit de porter des bouchons d’oreille en public, incarne ce travers à la perfection. D’autres, comme Soo-Lin et Audrey, semblent, au contraire, jacasser en permanence, mais leurs conversations, creuses et vernies d’hypocrisie, ne valent somme toute pas mieux que le silence et l’indifférence. Les seuls personnages qui n’ont pas besoin de mots pour se comprendre sont Bernadette et Bee. Leur relation, bien que peu conventionnelle, est probablement la seule qui soit si claire, si sincère. Il n’est pas étonnant, d’ailleurs, que l’auteur ait dédié ce livre à sa fille, car la beauté et l’évidence d’un tel lien est au centre du roman.

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En conclusion, j’ai été plus que séduite par ce roman, drôle, intelligent, et d’une profondeur parfois insoupçonnée. Je ne peux que vous le recommander.

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