[Lis] La chambre close, Maj Sjöwall et Per Wahlöö – Par le Vert Lisant

insideman

Cela commence par un hold-up : une jeune femme, perruque blonde, grand chapeau et lunettes de soleil, braque une banque et tue accidentellement un homme qui s’est précipité sur elle. Comme d’habitude les témoignages sont flous voire contradictoires. Mais le procureur « Bulldozer Olson » est persuadé que c’est, là, le prélude à un grand coup. Et ce, d’autant plus que deux malfrats : Malmström et Mohrén, « bien connus des services de police », se sont évadés de prison. C’est, selon lui, un certain Roos, leur complice, son ennemi juré, qui élabore minutieusement leurs coups. Mais, comme steward dans une compagnie d’aviation, il a soin d’être à l’étranger quand les délits se commettent. Il faut, c’est évident, mettre la main sur ces deux individus, et par la même occasion, boucler ledit Roos.

 

Olson n’a pas tort, les deux bandits, cachés dans un appartement, se préparent à dévaliser une banque. Ils sont ravitaillés en armes, munitions, vêtements et nourriture par un certain Mauritzon, un personnage précautionneux, à l’allure humble et modeste, mais qui achète et vend tout ce qui est illégal, inutile de préciser quoi.

 

Par une déveine sans nom, il vient juste de se faire arrêter avec de la drogue. Mais il est prêt à monnayer sa liberté contre d’importants renseignements. Et de livrer l’adresse des deux voyous ! Olson exulte : il va empêcher un hold-up, arrêter les deux bandits et envoyer Roos en prison. L’on prépare, avec soin et minutie, une opération policière. Mais l’assaut va donner lieu à un inénarrable cafouillage digne de Robert Dhéry et des Branquignols. Et tout ça, alors que les deux malfrats avaient déguerpi, depuis peu.

 

Mauritzon, pour assurer son impunité, va livrer ensuite les plans du hold-up, plans qu’il avait eu soin, en secret et à l’insu de ses deux complices, de photocopier.

 

Pendant ce temps-là, le commissaire Martin Beck, rentré d’une longue convalescence, se voit confier une affaire, « sans grosse difficulté » lui dit-on : deux policiers, après avoir laborieusement défoncé une porte, munie de nombreux verrous de sécurité, ont découvert, dans son appartement, gisant et mort depuis deux mois, un certain Svärd décédé d’une balle tirée en plein cœur. Comme la porte était bouclée, comme les fenêtres étaient fermées, ce ne peut être qu’un suicide. Le hic, remarque Beck, c’est qu’on n’a pas trouvé de pistolet dans cette pièce et que sauf les policiers et les infirmiers venus emporter le corps, personne n’y est entré. Un suicide sans arme ou un meurtre dans une pièce fermée, cela pose, quand même, un sérieux problème.

 

Et, calmement, posément, le commissaire va investiguer. D’abord, pourquoi Svârd qui semble-il vivait dans la gène, s’était-il à ce point barricadé ? Pourquoi avait-t-il, récemment, déménagé d’un appartement bon marché, tout aussi barricadé, pour un logement nettement plus onéreux ? Et surtout, pourquoi avait-il un compte en banque de quelques cinquante-quatre mille couronnes, alimenté chaque mois, depuis des années, de la somme de sept cent cinquante couronnes. Le plus étrange, c’était que chaque versement s’opérait, à chaque fois, à partir d’une banque différente. Et, tout aussi intrigant, ceux-ci se sont arrêtés il y a juste deux mois.

*

* *

 

Bulldozer Olson va-t-il, enfin, arrêter les deux hors la loi et, du même coup, Roos ? Le commissaire Beck va-t-il élucider le problème de ce suicide/meurtre en chambre fermée ? Maurtzon va-t-il resté impuni ? Et la jeune femme blonde, à la paire de lunette de soleil, qui est-elle et va-t-elle être, finalement, arrêtée ?

Le roman (qui est paru en édition de poche) vous livrera toutes les réponses à ces questions……. A vous de voir !

 

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Si, dans l’œuvre de Sjöwall et Wahlöö, l’on retrouve, en germe, le pessimisme qui prévaut dans le « roman nordique », leurs récits dénoncent avec, force, ce qu’ils estiment être les défauts de la société suédoises. « La chambre close » a beau avoir, par moment, les allures d’un récit humoristique, ce livre n’est pas moins une critique acerbe et très « leftiste » de la Suède des années ’70. La police serait remarquablement « inefficace ». A des supérieurs carriéristes et incompétents s’ajouterait un certain nombre d’agents brutaux et bornés. La Sureté s’inventerait une existence en pourchassant de soi-disant complots communistes ou d’extrême gauche. Quant à la sécurité sociale, elle laisserait, sur le bord de la route et sans emploi, jusqu’aux jeunes diplômés . Les pensionnés, eux, seraient condamnés à vivoter tant bien que mal et à se nourrir de boîtes de conserve pour les chats .

 

Ces griefs récurrents dans l’œuvre des deux auteurs finissent par agacer d’autant plus qu’ils sont orientés toujours dans la même direction et, pour le lecteur, invérifiables. Ajoutons que les autres écrivains « nordiques » ne les reprennent vraiment pas, tels quels, à leur compte.

 

Reste que nous avons, ici, deux intrigues policières bien bâties, bien menées, rédigées dans un style agréable et qui, ménageant bien le suspens, aboutissent à des conclusions pour le moins surprenantes.

 

Si les diatribes des deux auteurs ne vous gênent pas trop, et si vous voulez savoir comment est résolu le « mystère de la chambre close », alors la lecture de ce roman policier vous fera passer un agréable moment.

*

Merci le Vert Lisant!

* 

 

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