[Lis] Chapardeuse, Rebecca Makkai

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Je vous en parlais il y a quelques jours: de légères insomnies, consécutives à ma traversée de plusieurs fuseaux horaires, m’ont permis d’achever rapidement Chapardeuse de Rebecca Makkai. Je ne connaissais pas du tout l’auteur, et pour cause, il s’agit de son premier et, à l’heure actuelle, unique roman publié. Le deuxième est attendu pour l’été 2014. Mais comment vais-je faire pour patienter une année entière?

*

Lucy, célibataire pas encore trentenaire, est bibliothécaire dans une petite ville perdue du Middle West. lan, dix ans, fils unique de chrétiens fondamentalistes, est son plus fidèle lecteur. Un beau matin, elle le découvre sur son lieu de travail réfugié parmi les livres. Contre toute attente, elle ne va pas le ramener tout de suite à ses parents. Ensemble, ils vont parcourir plusieurs États de cette Amérique post-11-Septembre. Pour ce gamin rêveur, c’est la découverte du vaste monde ; pour elle, l’occasion de s’interroger sur ses origines russes, le déracinement de ses ancêtres et leurs aspirations à plus de liberté.

*

Vous l’aurez deviné, j’ai véritablement adoré ce livre. Je serais bien en peine de lui trouver un défaut, d’émettre un regret ou un bémol. Ma critique demeurera strictement élogieuse, et c’est mérité.

L’écriture, contemporaine et pleine d’esprit, de Rebecca Makkai, m’a enthousiasmée. Elle est parvenue à m’émouvoir, à me faire rire et réfléchir en tout juste quelques mots bien choisis. J’ai aimé cheminer avec Lucy, dans sa quête identitaire aussi inopinée que nécessaire. Car, paradoxalement, cette fuite, à première vue irresponsable, est peut-être la décision qui permet à cette narratrice, semblant subir sa vie de jeune adulte, de faire un pas vers la connaissance de soi et la maturité.

Les thèmes abordés m’ont semblé pertinents et interpellants. Si Lucy, bibliothécaire d’une petite ville, ne paraît pas avoir hérité du tempérament révolutionnaire de ses ancêtres russes, il n’en est rien. Elle aussi souhaite changer le monde, et son arme de prédilection est incontestablement la littérature. Ian, comme elle, peine à trouver sa place dans la société, c’est ainsi que tous deux se plongent dans les livres afin d’y trouver autant de réconfort que de réponses à leurs interrogations.

Je m’en tiendrai là, histoire de vous laisser découvrir par vous-mêmes toute la beauté de la relation qui se noue entre Ian et Lucy, les innombrables références littéraires glissées par l’auteur, et les surprises qui ponctueront la fugue à travers les Etats-Unis de ces deux personnages paumés et attachants. Je vous recommande mille fois ce petit roman, d’une justesse et d’une profondeur rares.

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3 réflexions sur “[Lis] Chapardeuse, Rebecca Makkai

  1. je passe 1 fois par hasard, je tombe sur ce billet qui recommande 1000 fois un livre et qui donne très envie, je note. je repasserai…et cette fois-ci pas par hasard!

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