[Lis] Camille Claudel, Eric Liberge et Vincent Gravé

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Bonjour à tous! Je suis très contente de vous proposer un article un peu différent puisque – grande première – cette note de lecture sera consacrée à une bande dessinée. J’en lis beaucoup trop peu depuis l’âge adulte, je le regrette, mais celle-ci m’a tellement plu que je ne pouvais pas ne pas en parler sur le blog.

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Paul Claudel est interrogé par des journalistes à propos du destin exceptionnel de sa sœur disparue huit ans plus tôt, la sculptrice Camille Claudel. Sa sculpture d’avant-garde fut une métaphore de sa vie, à l’image de son génial talent : une vague irrépressible qui l’a surprise, puis brisée de toute sa hauteur pour l’abandonner…
Eric Liberge et Vincent Gravé nous replongent dans le Paris de la fin du XIXe siècle, capitale débordant d’énergie artistique. Ils évoque la volonté farouche de la jeune Camille à se faire une place en tant que femme dans le monde des arts, les immenses difficultés rencontrées malgré son génie manifeste, mais aussi sa relation tumultueuse et scandaleuse avec Rodin, puis sa douloureuse déchéance jusqu’à son internement en asile psychiatrique…

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Quand j’ai ouvert cet ouvrage, je revenais tout juste de la formidable exposition roubaisienne consacrée à l’artiste. D’elle, je connaissais donc l’oeuvre, ou ce qu’il en reste, et les grandes lignes de sa vie, de sa carrière brisée, de son internement… Mais je voulais en savoir plus, et cette bande dessinée a représenté l’introduction idéale à mes yeux.

En premier lieu, j’ai apprécié l’absence de sentimentalisme excessif. Face à un personnage tel que Camille, il est facile de tomber dans un scénario débordant de larmes et de drames. Les auteurs ont trouvé le ton juste en faisant le choix de Paul comme narrateur. Ce dernier possède en effet un certain recul, mais il porte également un regard bienveillant sur les événements dont il a été le témoin plus ou moins distant.

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Nous sommes toutefois loin d’un récit de vie désincarné. Au contraire, le style graphique de Vincent Gravé rend perceptible toute tension, toute émotion vécue par les personnages. J’ai trouvé, à ce titre, que les phases aiguës de maladie mentale dont a souffert la sculptrice étaient particulièrement bien représentées. Le lecteur ne peut rester indifférent face à l’angoisse, à la solitude et au sentiment d’injustice subis par Camille.

L’intégration des sculptures majeures au fil rouge biographique est subtile et intelligemment amenée. Chacune des œuvres de Camille est présentée comme une réponse : à Rodin, à la vie, à la société, et c’est par leur biais qu’elle communique le mieux, dans un climat d’incompréhension et d’hostilité.

Aujourd’hui encore, elles continuent à parler et parviennent à nous toucher par l’intensité émotionnelle qu’elles recèlent.

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Je m’en tiendrai là et vous laisse en découvrir davantage grâce à cette bande-annonce vidéo… 

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