[Lis] Toutes les couleurs du monde, Giovanni Montanaro

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Bonjour à tous! Je ne sais pas si c’est l’effet de mon modeste bilan 2014, mais en tous les cas, depuis quelques semaines, mon rythme de lecture s’est significativement intensifié. Il faut dire qu’avec le rafraîchissement des températures, j’ai tendance à privilégier les activités d’intérieur et lire un bon roman, bien au chaud, présente alors une saveur toute particulière.

J’en ai donc profité pour déterrer un achat de la rentrée littéraire 2014… Voici ce que j’en ai pensé!

Thérèse Sansonge naît d’une mère folle, un jour de tempête. Nous sommes à la fin du XIX ème siècle, à Geel, surnommé le village des fous car depuis le moyen-âge ceux-ci vivent parmi la population en toute liberté. Les habitants en profitent d’ailleurs pour arrondir leur fin de mois, car Bruxelles envoie une allocation aux familles d’accueil. C’est ainsi que Thérèse, saine de corps et d’esprit mais orpheline depuis la naissance, est déclarée folle pour pouvoir profiter de l’hospitalité de la famille Vanheim.
Elle y mène une vie tranquille et sage. Jusqu’à l’arrivée inopinée d’un vagabond à la tignasse rousse et au regard fiévreux- Vincent Van Gogh.

En toute honnêteté, si j’ai choisi ce roman, c’est principalement pour le personnage de Van Gogh. Pendant longtemps, je ne portais qu’un intérêt modéré envers cet artiste, jusqu’au jour où j’ai dû rédiger un projet consacré à ses autoportraits – une révélation! Comme tant d’autres personnes de par le monde, je suis fascinée par la nervosité de son coup de pinceau, autant que par son destin tragique, c’est pourquoi je n’ai pas pu résister à une telle quatrième de couverture.

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Et pourtant, ce roman ne lui est pas dédié, loin de là. L’héroïne incontestée de cet ouvrage est Thérèse Sansonge, une jeune femme qui, toute sa vie durant, peinera à trouver une place qui lui soit propre. Née d’une mère démente, dans un village qui en compte tant d’autres, obligée de se faire passer pour folle afin de bénéficier d’une protection, elle ne peut que se sentir seule au monde.. Jusqu’au jour où entre dans sa vie une personne qui partage ses questionnements identitaires: Vincent Van Gogh.

Des années après cette rencontre, elle dédie au seul être qui puisse la comprendre une longue lettre, ce qui donne au livre la forme d’un monologue, dont le ton intime évoque la confidence.

Dans une note, occupant les dernières pages de l’ouvrage, l’auteur explique qu’il s’est interrogé sur une période de la vie de Van Gogh dont on ne garde aucune trace. En suivant quelques indices, il a élaboré l’hypothèse d’un séjour à Geel, où les fous vivent parmi les sains d’esprit, et dont nous savons que l’artiste connaissait l’existence. Le reste est une oeuvre de fiction.

En ce qui concerne l’écriture, j’ai particulièrement apprécié l’évocation des couleurs de la Campine belge, tout comme le récit de la naissance de la vocation artistique du peintre à l’oreille coupée. La description du sort réservé aux aliénés est poignante, et la fin du roman ne peut laisser indifférent.

*

Je vous recommande ce petit livre d’à peine deux cent pages, si les questions de l’art, de la folie et de l’isolement vous interpellent.

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