[Lis] La briscola à cinq, Marco Malvaldi – Par le Vert Lisant

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 J’ai acheté ce petit livre pour deux bonnes raisons. La première est que j’avais beaucoup aimé : « Le mystère de Roccapendente » de cet auteur,  au point d’en avoir fait un compte- rendu favorable dans ce blog. La seconde était : le titre, à la fois intrigant et laissant libre cours à l’imagination. Je n’ai pas regretté mon achat, loin de là. Au contraire, j’ai passé un fort agréable moment de lecture.

   La briscola, c’est un jeu de cartes très prisé en Italie, cela se joue un contre un, deux contre deux et…… à cinq : deux contre trois, mais alors, le joueur ne sait pas qui est son allié, ce qui  mène à un jeu de dupes qui est à l’image de ce roman.

*

   Imaginez Pineta, une bourgade côtière en Toscane, pittoresque et tranquille. Pittoresque, pas tout à fait : elle a du faire des concessions au tourisme avec trois dancings ; tranquille, oui ! Jusqu’à ce petit matin où un fêtard pas mal alcoolisé entre dans le bar « Bartlume » et téléphone à la police : il a découvert le cadavre d’une jeune femme dans une poubelle. Comme sa voix avinée ne convainc pas le policier, il emmène sur les lieux, le propriétaire du bar : Massimo qui se voit, ainsi entraîné  dans une enquête qui fait les gorges chaudes dans la localité. Car elle est conduite par « l’illustrissime Fuco », un commissaire qui à plus de cheveux sur son crâne que de cellules grises en dessous.

    Massimo est un tenancier bien sympathique , mais qui ne vous sert pas toujours ce que vous avez commandé : pas de café car il fait trop chaud pour le faire, pas d’alcool le matin, parce que cela ne se boit pas à jeun et pas de crème glacée parce que son papy en a déjà mangé son compte. Et le bar est fréquenté assidûment par quatre papys toujours verts, toujours en verve, jamais à court d’un commentaire facétieux ou d’une réplique savoureuse. Et bien évidemment, ils jouent à la briscola.

    Massimo qui peste de devoir se rendre, sous un soleil de plomb, au commissariat pour signer sa déposition, trouve Fuco en train de cuisiner une jeune fille en pleurs et un jeune garçon pas plus vaillant. C’est le coupable idéal. Il ne connaissait que trop bien la jeune femme assassinée, Alina Costa, et il n’a pas d’alibi ; de plus, c’est sa voiture que l’on a trouvée, embourbée, près de la poubelle. La jeune fille, c’est la sœur du prévenu ; sur le chemin du retour, elle raconte à Massimo que son frère était mené par le bout du nez par Alina qui n’était pourtant pas un modèle de vertu, mais qu’elle est certaine qu’il ne l’a pas tuée.

     Au Bartlume, Massimo, qui n’a pourtant pas envie de jouer au détective, fort ému par les paroles de la jeune fille, se met à réfléchir. Il finit par se souvenir de la scène de crime : le policier qui s’est mis devant le volant de la voiture en question, pour la dégager, a dû fortement avancer son siège. Le conducteur ne pouvait être le mince adolescent inculpé, mais quelqu’un de très grand et de forte carrure. Aidé par le médecin légiste, un de ses bons clients, Massimo finit par en convaincre le commissaire. Mais alors qui, qui a assassiné ?

      Il faut, donc, un homme grand et costaud. Pourquoi pas ledit « Pousseur », un des trois videurs de la discothèque que fréquentait Alina ? Justement, il s’est présenté ce soir-là très, très en retard, au grand déplaisir des deux autres qui se souviennent fort bien de l’heure à laquelle il est arrivé. Voila, pour « l’illustrissime Fuco », un bon coupable. Sauf que….

      Sauf que, indisposé, « Pousseur » était à ce moment-là chez un médecin qui l’a ausculté. Son alibi est solide. Caramba ! Encore raté !

        Mais, alors qui ?

      A force de réfléchir Massimo finit par mettre un nom sur le coupable. « Bon dieu ! Mais, c’est bien sûr », il s’agit de……

*

       Ce roman a toutes les allures d’un « policier » mais, jeu de dupes, ce n’est pas un « policier », malgré les apparences. L’intrigue ne sert que de fil conducteur pour un récit gouailleur qui raconte une tranche de vie d’une bourgade, où chacun se connaît, dont le centre est le Bartlume avec ses quatre papys qui n’ont pas leur langue dans leur poche, goguenards, aux répliques et réflexions savoureuses, ainsi que Massimo parfois un peu fantasque, un peu râleur mais éminemment sympathique. Tout cela est raconté de plaisantes façons. Ce roman ressemble à ces bons « Asti spumante », gouleyants, légers et pétillants  que l’on déguste avec plaisir. C’est, le premier d’une série qui fait le délice des Italiens, il vous fera passer quelques heures de lecture fort agréables.

Merci le Vert Lisant!

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