[Lis] Six ans déjà, Harlan Coben – Par le Vert Lisant

perception

Remboursez !!  (bis)

 

     Parce que l’on connaît l’auteur, que l’on a lu avec plaisir ses livres mettant en scène son héros Myron Bolitar, on achète en toute confiance « Six ans déjà » et là on tombe sur un…. « navet ».

    Au XIXème siècle, les journaux publiaient des romans sous la forme de feuilletons journaliers et les romanciers, payés à la ligne, ne se privaient pas d’ajouter tout ce qui pouvait amplifier le texte. C’est l’impression que donne le roman de Coben. On dirait que pressé par son éditeur de rédiger un policier d’environ 400 pages et pris de court, l’auteur recycle le thème qu’il a déjà exploité : la disparition inexpliquée dans « Ne t’éloigne pas » et dans « Ne le dit à personne ». Comme l’intrigue est plutôt mince, il est obligé de tirer à la ligne.

 *

   Tout commence lorsque le professeur Jake Fisher qui vient de terminer son cours sur « l’analyse du raisonnement moral », reçoit, un à un, une kyrielle d’étudiants (et dialogues et blablabla…) aperçoit, sur le site Internet de l’université, l’annonce du décès du médecin Todd Sanderson, ce qui le met en émoi.

     Pour comprendre, il faut se rapporter à six années en arrière : sur les conseils de son promoteur, Jake s’est rendu dans une localité du Vermont, plus précisément dans une sorte de centre artistique (écrivains, peintres…) où il peut rédiger tranquillement sa thèse de doctorat. Là, il se lie avec Nathalie Avery avec qui il se rend dans le resto du coin prendre des consommations. Mais, de manière inattendue, Nathalie décide d’épouser, là, le médecin Sanderon, un ancien flirt. Le jour du mariage, elle fait promettre à Jake de ne jamais essayer de la revoir. Et pendant six ans Jack tient promesse (pas même une recherche sur Google ni sur Facebook, le brave homme !!!). Mais comme à présent Nathalie est veuve et qu’il en est toujours amoureux fou, il décide de ce que la promesse n’est plus valable et de la revoir. Il téléphone à la sœur de cette dernière, qui semble tomber des nues. Alors, quoi de mieux que de refaire connaissance à l’enterrement (??). Et là, surprise : la veuve n’est pas Nathalie.

    Troublé, Jake décide de remonter dans le passé et de se rendre dans la bourgade du Vermont. Au centre artistique, il se fait quasi rudoyer : « C’est une ferme, cela a toujours été une ferme, et déguerpissez ». Au resto, c’est toujours la même serveuse qui devrait se souvenir d’eux (6 ans après!!!) ; elle finit par se rappeler qu’il venait, en effet, mais seul. Au presbytère, alors, où a eu lieu le mariage et là, chou blanc : pas de noces à la date indiquée et donc pas de Nathalie mariée. Et le pasteur, excédé, le met peu courtoisement à la porte.

PERCEPTION

     Jake est amoureux fou d’une femme qui a disparu.

     Ici, le lecteur, devant tous ces faits devine que l’on a organisé la disparition de Nathalie, par exemple comme « témoin protégé », mais pas Jake, cela ne lui vient même pas à l’esprit !!!

    Retour à l’université où il va noyer ses déceptions dans un bar proche, avec son ami Benedict, un professeur de droit. Il rentre, un peu pompette, dans son appartement de fonction et là il reçoit un coup de fil : s’il veut bien descendre, on va le mener à Nathalie. Sans se demander si ce n’est pas une arnaque ou un piège, il obéit pour se trouver face à une grande brute qui : 1) casse la gueule à un étudiant qui approchait et 2) fait monter Jake dans une camionnette sous la menace de tirer sur tout étudiant qui serait dans les parages. Et là, commence un interrogatoire musclé : la brute veut savoir où est Nathalie (et nous, on se demande comment il est au courant). Il s’en suit une bagarre dans le combi, Jake finit par tuer – accidentellement –  la brute et s’échapper. Pour être cueilli par une patrouille de policier qui…

      A partir d’ici, on a droit à la pègre, à un chef de la mafia, à une société secrète qui agit sous le couvert d’une œuvre de bienfaisance, à un Benedict qui n’est pas celui qu’on croit, à des coups de feux, au brave qui se sacrifie pour sauver la peau de Jake et, deus ex machina, à l’apparition opportune de Nathalie qui manie le pistolet comme un tireur d’élite (???). Happy end !

      Une intrigue brouillonne, mince et convenue. Un Jake peu crédible en amoureux fou et qui mène ses recherches envers et contre tous et sans aucune discrétion. Des pages où le récit s’étire  dans un style correct sans plus et, le plus irritant, des dialogues qui s’éternisent pour pas grand chose ….et des dialogues, il y en a beaucoup.

    Pour me « laver l’esprit », après cela, je me suis plongé dans un enquête du commissaire Montalbano. Là les intrigues sont plausibles et bien ficelées et s’il arrive à Camilleri de tirer à la ligne, au moins, c’est sans prétention et c’est amusant.

Merci Le Vert Lisant!

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