[Lis] Je suis lasse des ombres, Alan Bradley par le Vert Lisant

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Et voici, pour notre plus grand plaisir, la quatrième tome des aventures de Flavia, toujours aussi experte en chimie. N’oublions pas Ophélia, qui n’aime tant qu’avoir un admirateur près d’elle – et que dire, quand ils sont plusieurs – ; Daphné de toute éternité le nez plongé dans un livre de Dickens; Dogger, le majordome stylé qui, surgissant du néant, arrive à point nommé. Mais, cette fois-ci, pas de Gladys, la fidèle bicyclette et pour cause: Noël est proche et il neige comme jamais. Ce n’est pas un temps à mettre un pneu dehors. Quant au colonel de Luce, son rôle sera bref, mais décisif.

Flavia est occupée à préparer de la glu qu’elle rend super-collante en y ajoutant une poudre d’elle seule connue. Ses deux chipies de sœurs lui ont prétendu que « le Père Noël, c’est juste une histoire pour les gamines » et elle veut prouver le contraire en le gardant, sur le toit, collé à la cheminée. Elle prépare, aussi, des fusées de feux d’artifices pour la nuit de Noël en faisant de savants mélanges comme elle en a l’habitude.

Mais une mauvaise nouvelle va les surprendre tous: les finances du manoir de Buckshaw étant toujours aussi lamentables et le fisc intransigeant, le colonel de Luce s’est vu contraint de louer une bonne partie de la vénérable demeure à une société de production cinématographique. On va tourner un film dans le respectable manoir de Buckshaw qui se voit rapidement envahi. Arrivent, déjà, les six camions de la production et, illico, les ouvriers rodés à la manœuvre se mettent à installer le matériel. La célèbre et sublime star Phillis Wyvern ne tarde pas à suivre, réprimandant sévèrement son habilleuse Buns Keats éternellement en retard et son souffre douleurs. Elle sera suivie par Lapman, le metteur en scène; par Desmond Ducan, la vedette masculine; puis, par tous les figurants amenés en bus; sans oublier tante Félicité qui n’a pas perdu ses manières de bulldog. Enfin on aperçoit épisodiquement une certaine Marion Trood dont le rôle est mal défini, mais qui semble jouer celui d’assistante.

Ne manquait que le pasteur. Il vient solliciter Miss Wyvern. A peine avait-il expliqué que le toit de l’église était en mauvais état depuis Georges IV, que l’actrice décide « de contribuer à l’effort collectif » de financement. Avec son camarade Duncan, elle jouera une scène de Roméo et Juliette devant les gens du village de Bishop Lecey.

Le lendemain, tante Félicité se plaint de sa voisine de chambre, elle a bien mal dormi : Miss Wyvern, sans discrétion, a passé un de ses films, pendant la nuit. Elle n’est pas la seule à ronchonner: Lapman à demandé à ce que l’on construise un décor avec, bien sûr un balcon, pour le spectacle du soir. Les ouvriers n’ont pas apprécié. En plus, il a fallu engager un électricien du village pour s’occuper du spot qui éclairera ce balcon quand « Juliette » apparaîtra.

Vers 5 heures et demi tout est prêt, le village est réuni pour le spectacle et le pasteur, après un discours, laisse la place aux acteurs. Roméo lance sa tirade mais le spot, en question, ne s’allume pas. L’actrice se précipite et gifle le technicien défaillant. Miss Wyvern ne se fait pas que des amis !!

Enfin, la séance s’achève sans autre drame sauf qu’à présent, avec la tempête, la porte d’entrée du manoir ne s’ouvre que sur un mur de neige et que la ligne téléphonique est morte. Les villageois sont prisonniers, il va falloir que chacun s’installe au mieux pour dormir sur place. Flavia qui ne trouve pas le sommeil, décide d’aller bavarder avec Miss Wyvern (les deux se sont rencontrées autours d’une baignoire et ont sympathisé). C’est pour découvrir l’actrice morte, étranglée, avec un ruban de pellicule noué sur sa gorge et formant une boucle élaborée. Chose étrange, l’actrice est revêtue d’un corsage et d’une jupe identiques à ce qu’elle portait dans le film: « Habillée pour mourir », qu’elle regardait. Il faut prévenir la police. Un courageux, Dieter, chausse des skis et part jusqu’au commissariat. Entre en scène l’éternel inspecteur Hewitt.

Bien évidemment, après quelques rebondissements et grâce à la perspicacité de Flavia le crime ne demeurera pas impuni. Quant à savoir si le Père Noël est resté collé à la cheminée, je ne dirai rien, même sous la torture.

*

On retrouve, dans ce roman, tout ce que l’on aime: les personnages, bien évidemment, fidèles à eux-mêmes, mais surtout le ton: Flavia raconte l’histoire avec une spontanéité un peu naïve, mais mâtinée de bon sens et d’intelligence. Que dire de plus sur un roman que je qualifierais bien de « délicieux », sinon que je l’ai lu avec plaisir et enthousiasme ? Le tome 4 s’achève sur une note sentimentale où il est montré que l’amour est plus fort que l’appât du gain. Un dernier mot: le titre est tiré de « La dame de Shalott », un poème de Tennyson où l’on peut lire : « Mais dans sa toile, elle aimait à tisser les scènes magiques jouées en miroir », n’est-ce pas là les apparences du cinéma qui, sur l’écran est jeu de lumières et d’ombres.

Merci, le Vert Lisant!

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