[Aime] Loin de la foule déchaînée, Thomas Vinterberg

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Bonsoir à tous! Comme vous le savez sans doute, je n’écris pas souvent d’articles consacrés au septième art. J’aime me laisser emporter par la magie du cinéma, sans nécessairement éveiller mon esprit d’analyse, sans devoir réfléchir à ce que je pourrais rédiger par la suite.

Il arrive néanmoins qu’un film m’inspire tant que les mots s’imposent à moi, que ma critique s’écrive d’elle-même. Ce fut le cas pour Loin de la foule déchaînée. 

 

Dans la campagne anglaise de l’époque victorienne, une jeune héritière, Bathsheba Everdeene, se retrouve à la tête d’une ferme léguée par son oncle. Femme libre et séduisante, elle choisit de s’assumer seule et sans mari, ce qui n’est pas du goût de tous, et certainement pas de ses ouvriers. Bathsheba se laisse le droit de décider de sa vie comme elle l’entend et choisit de ne se marier qu’une fois amoureuse. 

 

Dès les premières minutes, j’ai été littéralement éblouie par la splendeur de la mise en scène. Les décors naturels du Dorset sont à couper le souffle et un travail sophistiqué sur la lumière les met encore davantage en valeur. Le réalisateur alterne les scènes de jour, où un soleil chaud et diffus succède à la brume, et celles de nuit, qui donnent lieu à des clair-obscurs particulièrement intenses et picturaux.

Carey Mulligan as Bathsheba Everdeen and Matthias Schoenaerts as Gabriel Oak in a scene from "Far From the Madding Crowd."

La bande originale de Craig Armstrong m’a elle aussi instantanément séduite. J’ai aimé la sensibilité des cordes et du piano, qui ne se contentent pas d’accompagner mais qui subliment véritablement les émotions des personnages, tout en nous transportant comme par magie dans la campagne anglaise du XIXe siècle.

 

Et c’est tout aussi rapidement que je me suis prise d’affection pour notre héroïne au prénom complexe et mystérieux, Bathsheba. J’ai aimé sa personnalité fantasque et affirmée comme son refus d’appartenir à un époux, dont elle n’a nul besoin. Paradoxalement, son indépendance trouble la gent masculine et la déstabilise. En raison de son mépris des convenances et de sa volonté de n’écouter que son cœur, elle suscite tout autant l’incompréhension que la fascination. Les prétendants accourent, l’indécision amoureuse s’installe: comment choisir entre une vie sentimentale tracée d’avance, une histoire d’amour qui défie les principes et une passion dangereuse, où elle risque de tout perdre?

Alors qu’elle se retrouve propriétaire d’une vaste exploitation, Bathsheba ne délègue nullement ses responsabilités. Au contraire, la jeune femme se retrousse les manches et finit par gagner, à la sueur de son front, le respect du village et de ses employés. Contrainte de s’endurcir, elle tâche de dominer ses sentiments, afin de dissimuler sa propre vulnérabilité.

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J’ai apprécié la complicité qui la lie à sa dame de compagnie, qui la soutient avec beaucoup de discrétion et de douceur. Gabriel, son berger et ami loyal, n’hésite pas, quant à lui, à la contrarier, à la brusquer même, dans le seul but de lui faire entendre raison et de la protéger d’elle-même. Par fierté, toutefois, elle fait la sourde oreille et ne suit pas toujours les conseils, pourtant judicieux, qu’il ne cesse de lui prodiguer.

 

Comme à chaque fois que je la retrouve sur l’écran, j’ai été bouleversée par le jeu tout en nuances de Carey Mulligan. Sans grande démonstration et parfois d’un simple battement de cils, elle parvient à faire résonner la moindre réplique et à rendre au silence toute sa force, toute sa signification. Matthias Schoenaerts est, lui aussi, d’une simplicité et d’une pudeur extraordinaire. Son personnage, toujours sur la réserve, ne révèle ses émotions qu’au détour d’un regard ou d’un sourire retenu.

Du côté des seconds rôles, j’ai été agréablement surprise par Michael Sheen. D’un abord digne, presque inaccessible, le riche voisin qu’il incarne se change en un être particulièrement touchant lorsqu’il confie ses blessures, son désespoir. Quant à Juno Temple, malgré la rareté de ses apparitions, je l’ai trouvée d’une présence étonnante.

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En conclusion, je ne peux que vous recommander de découvrir au plus vite cette sublime adaptation du classique de Thomas Hardy, dans lequel j’ai désormais hâte de me plonger!

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2 réflexions sur “[Aime] Loin de la foule déchaînée, Thomas Vinterberg

  1. J’avais vu l’affiche sans grande envie d’aller le voir, mais maintenant tu m’en as donné l’envie. J’aime beaucoup les histoires qui mettent avant la force des femmes à vivre leur vie selon leurs convictions et non selon les règles instaurées par la société.

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