[Lis] Comment se dire adieu, Laurie Colwin

Bonsoir à tous!  C’est avec un peu de retard que je vous propose ce soir une nouvelle note de lecture, consacrée à un roman trouvé par hasard en bouquinerie: Comment se dire adieu?, de Laurie Colwin.

A vingt ans et quelque, Geraldine Coleshares, plaque sa thèse sur Jane Austen ou la guerre des sexes, pour être la première danseuse blanche du plus grand groupe rythm and blues de tous les temps : Ruby Tremblay & les Tremblettes.

Difficile, dix ans plus tard, de répondre aux questions des amis très chics de son mari avocat, même quand on a travaillé (un peu), fait un bébé (génial), trouvé un amant (juste un soir). Car Geraldine, elle, hésite encore : diva pop noire ou juive d’Europe centrale d’avant l’Holocauste, ça lui plairait bien.  

 

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Comme je vous l’écrivais à l’instant, je ne connaissais rien de cet ouvrage, ni de son auteur, mais je me suis sentie attirée par la jolie couverture et par la promesse d’un personnage un peu perdu face à l’âge adulte et les attentes sociales qui y sont bien souvent associées.

Ma première impression fut la bonne: c’est exactement le point focal du roman, qui repose presque entièrement sur les épaules de sa narratrice. Ce parti pris se révèle à double-tranchant, car Geraldine, avec ses hésitations continuelles et ses questionnements existentiels, risque de susciter des sentiments assez tranchés chez le lecteur. Heureusement, pour ma part, le charme a opéré et je me suis prise d’affection pour cette jeune femme en quête de sens.

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Si vous vous attendez à une plongée dans l’univers musical des seventies, vous risquez fort d’être déçus. En effet, bien que des références, des souvenirs et des anecdotes émaillent le roman, seuls les premiers chapitres sont véritablement consacrés à la vie de choriste de Geraldine – et ils sont narrés a posteriori. Le récit se centre plutôt sur son existence après la tournée et sur sa difficulté à retrouver un mode de vie plus conventionnel.

Car, alors que la plupart des tremblettes envisagent leur participation au groupe comme un emploi éphémère, qu’elles quittent d’elles-mêmes pour poursuivre leurs véritables aspirations, notre narratrice considère, au contraire, sa brève carrière musicale comme ses meilleures années et a bien du mal à rebondir, une fois évincée de la scène.

Geraldine ne sait, en vérité, absolument pas ce qu’elle veut faire de sa vie. Elle n’a pas de réelles ambitions professionnelles, ni de forte envie de fonder une famille. Habituée, depuis l’enfance, à décevoir sa mère, elle ne semble trouver un sens à ses actes que dans un certain mépris des conventions. Certes, elle se marie, mais la cérémonie se déroule dans le secret le plus total, et quand elle prend un emploi, c’est dans un quartier réputé dangereux, que sa famille désapprouve.

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De toute façon, notre héroïne a bien compris qu’il est impossible de satisfaire tout le monde. Ce constat se cristallise au moment de la naissance de son fils, qui entraîne un flot ininterrompu de conseils contradictoires et de jugements à peine voilés.

Heureusement, Geraldine peut alors compter sur une autre maman rebelle, Ann, dont la mèche verte et la surconsommation de caféine attirent instantanément la narratrice. Leurs réunions, souvent clandestines, ont constitué mes passages favoris de tout le roman. Leur regard lucide et hautement sarcastique sur la maternité et sur le monde qui les entoure m’a beaucoup amusée.

En conclusion, Comment se dire adieu? est une jolie découverte et une agréable surprise, qui me donne envie de mettre la main sur d’autres titres de cet auteur!

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