[Lis] Millie Mystère Tome 1 : Opération lapins roses, Sally Gardner

mackenzie-foy

Bonjour, chers lecteurs! Livre aussitôt refermé, livre aussitôt chroniqué cette semaine, puisque je vous écris aujourd’hui à propos d’un roman tout juste achevé: il s’agit d’Opération Lapins Roses, le premier tome des aventures de Millie Mystère.

millie

A la naissance des triplées, Millie comprend que ses parents adoptifs n’ont plus besoin d’elle, sauf pour le ménage. Pauvre Millie ! Mais quelque temps plus tard, quand la jeune fille hérite un jour d’une vieille boutique abandonnée (et introuvable), elle entre sans le savoir dans un monde caché, protégé, magique… mais délirant.
Un monde qu’une vieille sorcière cherche à détruire en transformant les êtres humains en zombies ou en lapins roses, selon son humeur.
Un monde où les chats parlent, où les maisons ont des jambes et où Millie va devoir apprendre à vivre… pour mieux le sauver !

Sans l’ombre d’un doute, cet ouvrage court s’adresse avant tout aux jeunes lecteurs, mais sa quatrième de couverture et ses adorables illustrations ont réussi à m’intriguer et à me donner envie de faire fi de mon âge, une nouvelle fois.  Mon intuition ne m’a pas déçue!

bunny2

Opération Lapins Roses est un authentique conte de fées contemporain, avec juste ce qu’il faut de merveilleux, d’humour et d’originalité! A cet égard, la mère adoptive de notre héroïne, la précieuse Daisy, m’a beaucoup fait sourire: capricieuse, cruche et creuse, elle incarne une marâtre bien digne du XXIe siècle!

mackenzie-foy-w-magazine-justin-hollar

Les personnages de Millie Vole et de son fidèle compagnon, un bien étrange félin du nom de Fidget, sont, eux aussi, très attachants. A l’issue de cette première aventure, je reste curieuse d’en apprendre davantage à leur sujet. En effet, si l’intrigue de l’affreuse sorcière est menée jusqu’à sa résolution, le mystère demeure quant aux origines de notre héroïne et la métamorphose de son acolyte à quatre pattes. De quoi me donner envie de me ruer sur les quatre suites déjà parues, en espérant qu’elles connaissent à leur tour une traduction française!

bunny1

Les dessins de David Roberts, qu’ils figurent en pleine page ou qu’ils agrémentent joliment les marges, sont un enchantement pour le regard. Pleins d’ingéniosité et de malice, ils insufflent au roman un supplément d’âme et invitent le lecteur à pénétrer dans un univers aussi unique que féerique.

bunny2

Péripéties, magie, tendresse sont les ingrédients qui contribuent à la réussite de ce roman pétillant et intelligent. A mettre entre toutes les (petites) mains!

sclingerman-timestandstill-swirl

 

Publicités

[Lis] Avant toi, Jojo Moyes

mebeforeyou

Bonsoir à tous! Je vous retrouve aujourd’hui avec une note littéraire consacrée à un best seller absolu et international: il s’agit d’Avant toi, de Jojo Moyes.

Avant-toi_7508

Quand Lou apprend que le café où elle est serveuse depuis des années met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire.

C’est alors qu’on lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. La jeune femme fait la connaissance de Will, un jeune tétraplégique à la destinée tragique… Parviendra-t-elle à lui redonner goût à la vie?

Les livres se suivent et ne se ressemblent pas… mais les raisons qui m’incitent à les acheter, elles, sont étrangement similaires. En effet, c’est suite à la lecture de nombreux avis élogieux que je me suis intéressée à ce roman. Pour tout vous dire, je n’avais même pas lu la moitié de la quatrième de couverture au moment de l’ajouter au panier! Je cherchais simplement à apaiser mon insatiable curiosité de lectrice.

Ce livre aurait pu sommeiller sur une étagère pendant des mois si je n’avais pas entendu parler de son adaptation cinématographique. La date de sortie approchant, je me suis dit qu’il était urgent de me pencher sur la question, si je souhaitais le terminer avant d’en découvrir la transposition sur grand écran.

mebefore 2

C’est alors qu’en le retirant de ma bibliothèque, je me suis soudain demandé si j’allais réellement en venir à bout un jour: était-il humainement possible d’ingurgiter 528 pages de mélodrame sentimental sans sombrer dans l’écœurement? A la surprise générale, j’ai finalement répondu par l’affirmative… et en moins de trois jours!

De toute évidence, Avant toi s’est révélé une lecture étonnamment irrésistible. Cela ne tient pas au style de son auteur qui, bien que fluide et agréable, n’a pas particulièrement retenu mon attention. Son héroïne, par contre, sort plutôt de l’ordinaire. J’ai apprécié sa personnalité pétillante et son esprit créatif, matérialisé par ses goûts vestimentaires affirmés. J’ai, en outre, été positivement surprise par la façon dont l’auteur nous dévoile progressivement toute sa complexité. En effet, Louisa n’est pas aussi lisse qu’elle le laisse croire au premier abord: les meurtrissures du passé ainsi qu’une dynamique familiale douloureuse en font un être doté d’aspérités. On est loin des narratrices interchangeables et dénuées d’intérêt dont la littérature romantique a tendance à nous inonder!

L’autre qualité majeure de l’ouvrage est son rythme soutenu. Au fil des pages, l’intrigue progresse, les mystères se résolvent, les relations évoluent… L’auteur ne dilue pas son histoire et lui insuffle même un climat de tension qui provoque un réel sentiment de suspense chez le lecteur. Sans m’en apercevoir, je me suis retrouvée prise au piège, incapable de refermer le roman avant d’en connaître l’issue!

mebefore

La thématique délicate du handicap et de la liberté individuelle est ici extrêmement bien traitée. Jojo Moyes semble s’être richement documentée, mais elle ne tombe jamais dans le travers de l’excès d’informations qui noierait le récit. La vie après un accident d’une telle gravité nous est montrée sans pathos, ni candeur.  Le lecteur, qui ne peut demeurer indifférent au sort de Will, se retrouve assailli de questions auxquelles aucune réponse toute faite ne sera apportée, si ce n’est celle de demeurer bienveillant et compréhensif, en toutes circonstances.

Enfin, comment aborder cet ouvrage sans évoquer l’inévitable histoire d’amour? Celle que nous propose Avant toi se veut toutefois différente, hors normes, tourmentée, et cet amour impossible s’avère aussi crédible que poignant. Je n’ai d’ailleurs pas honte d’admettre à quel point ce livre m’a émue!

En conclusion, même si la romance n’est pas mon genre de prédilection, j’ai été séduite par le charme que dégage ce roman et je suis impatiente de découvrir le film qu’il a inspiré!

sclingerman-timestandstill-swirl

[Lis] Mademoiselle Chon du Barry, Frédéric Lenormand, par le Vert Lisant

wildfox1

Il y a bien des années, Andrex chantait : « … elle a tout, tout, tout pour séduire… ». Mademoiselle Chon du Barry, tout au contraire, n’a rien pour plaire : elle est affublée du surnom ridicule, elle est née dans une famille de petite noblesse qui tire le diable par la queue, elle boite et elle n’est vraiment pas jolie. Son sort semble tracé entre : finir vieille fille désargentée ou entrer au couvent. Et pourtant ! Lenormand, qui lui prête sa plume, lui permet de raconter son extraordinaire histoire, avec ce ton moqueur, aimablement narquois qu’affectionne l’écrivain.

black-swirl-th

Le destin va prendre l’aspect d’une bourse plus que replète, que Jean-Baptiste, un de ses frères, lui envoie. Il vit à Paris et mène grand train. Il lui demande, ainsi qu’à son frère aîné, de le rejoindre pour une affaire très importante. Après quelques hésitations, l’on part pour la capitale. Jean-Baptiste possède un bel hôtel de maître qui lui assure des revenus confortables, car… il y accueille des personnages « généreux » en quête de « demi-mondaines » peu farouches.

Mais Jean-Baptiste a un plan pour gagner encore plus d’argent: sa maîtresse, Jeanne Bécu, une très jolie femme, plaît énormément à Louis XV qui l’a rencontrée « par hasard » et qui souhaite l’installer à Versailles. Le problème c’est que pour être introduite à la Cour, il faut un titre de noblesse. Et c’est là que doit intervenir son frère aîné : il épouse, mademoiselle Bécu et elle devient « comtesse du Barry »; une autre bourse très rondelette renvoie dans ses terres le nouvel époux, avec prière de s’y faire oublier. Quant à Chon, elle suivra la comtesse comme son ombre car, si cette dernière a vraiment beaucoup de charme, si elle a été éduquée durant 9 ans dans un couvent, si elle connaît les bonnes manières à force de fréquenter des clients huppés, elle n’a pas inventé la poudre.

wildfox3

Le roi installe sa maîtresse à Versailles; mademoiselle Chon jouit d’un appartement voisin de celui de la comtesse. Elle la surveillera, lui tiendra lieu de compagne, de gouvernante, d’intendante; c’est elle qui répondra aux billets du roi, mais aussi aux demandes de faveurs, de grâce, etc…qu’on adresse à madame du Barry pour qu’elle intervienne.

On convainc une duchesse désargentée (moyennant une bourse généreuse), de présenter la comtesse à la Cour; cette dernière arrive en retard ce qui indispose les nobles, elle est accompagnée par Chon qui n’était pas invitée, ce qui les indispose encore plus. La comtesse ne se fait pas que des amis!! Quand elle rend visite aux sœurs du roi, celles-ci l’accueillent en soufflant dans des instruments à vent et en massacrant, sciemment et consciencieusement, Vivaldi. Le dauphin ne l’aime guère, la dauphine, Marie-Antoinette, l’exècre, Le ministre Choiseul ne peut pas la supporter – il le payera en perdant sa place, les courtisans murmurent contre elle et la calomnient. Mais, mais… le roi l’aime et trouve auprès d’elle une seconde jeunesse. Et ce que le roi veut… Il la couvre de bijoux, paye ses dépenses somptuaires, accorde même une somme importante à Jean-Baptiste et, de bonne humeur, il fait sauter Chon sur ses genoux (authentique).

On veut marier Chon, mais les prétendants sont tous âgés et désargentés! Et puis, finalement, la comtesse ne veut plus se séparer d’elle. On reçoit le prince héritier de Suède, qui sort d’une entrevue peu agréable avec la Dauphine. Chon remarque, dans la suite, un beau jeune homme, un certain comte de Fersen ( l’histoire retiendra ce nom). Le ministre Maupéou se découvre, soudain, une lointaine parenté avec la comtesse, il la salue de « ma cousine » à chaque rencontre. Chon, pour mettre un terme aux ragots d’inculture de la comtesse, établi, chez sa belle-sœur, une superbe bibliothèque dont elle range les livres avec délice.

Chon qui sait que toute chose a une fin et que cette dernière peut venir plus vite que prévu, obtient pour la comtesse le domaine de Louveciennes près de Marly.

wildfox2

En 1774, alors qu’il chassait, le roi rencontre de pauvre gens tirant une charrette où gît une victime de la variole. Quelques semaines plus tard, il tombe malade: il a contracté cette maladie dont il mourra. A peine monté sur le trône, Louis XVI fait enfermer la comtesse dans l’abbaye de Pont-aux-Dames. Chon la suit dans cette « prison ». Pour subsister, on vend, fort cher, quelques bijoux. L’infortune dura un an. Libérée, la comtesse se croit pauvre et songe à se faire religieuse, mais que nenni, Chon a placé tout l’argent que cette dernière n’arrivait pas à dépenser. On achète, donc, une propriété à Saint-Vrain, les deux femmes s’y ennuient. Puis vint l’autorisation de regagner Louvecienne. La comtesse renoue avec la vie de Cour ; viennent la voir « surtout ceux qui lui devaient le moins » raille Chon. L’empereur Joseph II vient la saluer. Madame Vigée-Lebrun est invitée, elle y fera 3 portraits de la comtesse qui, s’amuse Chon, à 43 ans se croit toujours « jeune ».

La propriété est cambriolée; après enquête on retrouve les bijoux en Grande-Bretagne, laquelle traîne pour les remettre. La comtesse s’y rend, en vain. Un hargneux, nommé Griève se présente accompagné de deux gendarmes, la comtesse qui, au lieu de fuir, reste pour brûler de la correspondance et des documents qui pourraient nuire à des proches, est faite prisonnière; la révolution l’a rattrapée. Quant à Chon elle réussit à se sauver, à regagner Toulouse où elle retrouve sa famille. Quelques mois plus tard, les du Barry deviennent suspects, on pille leurs biens (mais Chon, forte de son expérience, a caché l’essentiel). Elle est faite prisonnière, son frère Jean-Baptiste est exécuté et… je ne vous livre pas la fin, surprenante, de l’histoire, elle est dans le livre.

black-swirl-th

De son vrai prénom: Françoise Claire, Chon a vu son sort si étroitement lié à celui de la comtesse que l’on disait d’elles: qu’elles n’étaient rien l’une sans l’autre; le récit a non seulement, le mérite de révéler leurs deux existences en mêlant Histoire et fiction, mais encore de le faire de manière plus que crédible. Même si le ton est celui auquel Lenormand nous a habitué, fait de remarques amusantes, railleuses, impertinentes, l’on devine qu’il éprouve bien de la sympathie pour Mademoiselle Chon du Barry. Ce roman est court, plein d’esprit, fort bien mené, captivant et très agréable à lire. Il vous fera passer un bon moment.

Merci, cher Vert Lisant!

sclingerman-timestandstill-swirl

[Lis] Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu

mathias-malzieu-lors-d-une-lecture-en-chanson-de-son-precedent-livre

Bonjour à tous! Après quelques semaines passées loin de mon blog, reprendre son écriture me paraît toujours insurmontable. Je vois la pile des livres lus grandir comme par enchantement et je me sens autant découragée à l’idée de les chroniquer qu’à celle de voir leur souvenir se dissiper jour après jour.

Le second sentiment étant, de loin, le plus angoissant, j’ai pris la ferme résolution d’améliorer mon rythme de publication. Et je commence dès aujourd’hui, avec un ouvrage particulièrement inclassable…

Journal-dun-vampire-en-pyjama

Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur.

Pour être parfaitement honnête, je ne suis pas sûre de la raison qui m’a poussée à acheter ce livre. Je n’avais rien lu de Mathias Malzieu, je n’en ai d’ailleurs jamais eu l’envie. Les récits de vie, que je trouve souvent mal rédigés, sont tout sauf ma tasse de thé – et c’est encore pire lorsqu’ils évoquent la maladie. En plus d’être maladroits, ils en deviennent déprimants et je ne comprends vraiment pas comment on peut les lire hormis sous la contrainte!

Et pourtant, me voilà il y a quelques semaines, chez mon libraire de seconde main, emportant ce journal avec l’impression d’avoir trouvé un trésor. Les avis enthousiastes des lecteurs y étaient sans doute pour beaucoup. Un soupçon d’intuition de lectrice avisée a suffi pour achever de me décider!

journal-dun-vampire-en-pyjama (1)

Les premières pages, cependant, ont semé le doute dans mon esprit: s’agissait-il d’un témoignage, d’un récit poétique, d’une fiction-réalité? Le style de l’auteur, à la fois très travaillé et résolument peu classique, me désarçonnait tout autant. Aussi rapidement qu’imperceptiblement, la magie a toutefois opéré et balayé d’un revers de main mes interrogations: ce livre ne ressemble à aucun autre et c’est sans doute sa plus belle qualité!

Mathias Malzieu transfigure cette bataille personnelle et nous livre une fable humaine et universelle, grâce à sa langue imagée à la force évocatrice sans pareil. Face à l’épreuve de la maladie, seul son esprit hyperactif, hypercréatif, lui permet de garder la tête hors de l’eau. Son humour, son recul et l’ingéniosité stylistique dont il fait preuve offrent à ce journal, touchant mais jamais larmoyant, une tonalité onirique, presque surréaliste. Cette écriture, qui n’obéit à aucune règle et s’enrichit d’amusants néologismes, n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de l’illustre Boris Vian.

En conclusion, je vous recommande vivement cette lecture. Quant à moi, je me mets sans attendre en quête de tous les romans de cet auteur!

sclingerman-timestandstill-swirl

[Lis] Audrey retrouvée, Sophie Kinsella

ew

C’est toujours étrangement lorsque j’ai le moins de temps devant moi que le besoin d’écrire se fait le plus impérieux. Quand mon agenda se charge, la rédaction d’une simple chronique littéraire prend des allures de bouée de sauvetage spirituelle, alors qu’à l’approche d’un congé, le souhait de prendre la plume s’efface soudain devant mes envies d’évasion et de grand air.

Rapidement, toutefois, le retard considérable pris dans mes notes de lecture m’inspire un sentiment grandissant de culpabilité. J’ai fait de si jolies découvertes ces derniers jours qu’il me paraît inconcevable de ne pas vous en parler! Me voici donc de retour avec mon avis sur le premier roman jeunesse de la britannique Sophie Kinsella.

Finding-Audrey-375x565

Audrey a 14 ans. Elle souffre de troubles anxieux. Elle vit cachée derrière ses lunettes noires, recluse dans la maison de ses parents à Londres.
Ça, c’était avant.
Avant que Dr Sarah, son psychiatre, lui demande de tourner un film sur sa famille, pour voir la vie
d’un œil nouveau : celui de la caméra.
Avant que Linus, un copain de son frère, débarque. Avec son grand sourire et ses drôles de petits mots griffonnés sur le coin d’une feuille, il va pousser Audrey à sortir. Et à redécouvrir le monde…

Comme tant d’autres lecteurs, c’est avec L’accro du shopping que j’ai découvert Sophie Kinsella. Cette série, dont j’attends fébrilement le prochain volume, m’a réconciliée avec la lecture alors qu’étudiante, je m’épuisais les yeux devant mes interminables notes de cours. Sa pétillante narratrice, Becky Bloomwood, parvenait à me faire rire aux éclats, quel que soit mon degré de fatigue ou de nervosité.

L’univers grisant des galeries marchandes est cependant diamétralement opposé à celui dans lequel l’héroïne d’Audrey retrouvée évolue. Ou plutôt celui dans lequel elle s’enferme. Repliée sur elle-même au point de ne plus pouvoir affronter le monde extérieur, l’adolescente réduit son espace vital à une pièce de la maison et se dissimule en permanence derrière des lunettes de soleil afin d’échapper au regard des autres, même de ses proches.

Si son trouble trouve ses racines dans une situation de harcèlement scolaire sévère, les circonstances exactes n’en seront jamais éclaircies. L’essentiel n’est pas de raconter par le menu les sévices subis par Audrey, ni d’en pointer les responsables, mais bien de suivre, avec pudeur, le chemin parcouru jusqu’à la guérison.

L’auteur s’est inspirée de sa propre vie de famille pour imaginer les différents personnages qui gravitent autour de la jeune fille et la tendresse dont elle fait preuve à leur égard s’avère rapidement communicative. J’ai particulièrement apprécié la façon dont le couple parental est représenté: de prime abord, le lecteur croit retrouver le schéma classique de la mère névrosée et du père distant. Mais une fois qu’Audrey, sur les conseils de sa thérapeute, se met à filmer son quotidien, nous découvrons toute la complexité des relations au sein d’un foyer qui peine à se reconstruire.

Le personnage de Linus reste néanmoins le véritable rayon de soleil du roman. Positif, patient, présent, il semble toujours trouver les mots justes et ne craint pas de bouleverser les habitudes tristes et absurdes dans lesquelles Audrey s’est jusqu’alors réfugiée. La pertinence de ses réflexions et l’humour dont il fait preuve insufflent à l’adolescente l’espoir d’une vie heureuse. Ce fragile rétablissement est toutefois mis à l’épreuve lorsqu’Audrey se trouve contrainte d’affronter ce qu’elle a si longtemps fui. Sa volonté et la bienveillance de ceux qui l’entourent suffiront-elles à guérir un cœur si injustement meurtri?

En conclusion, si les thématiques de l’adolescence, de l’anxiété sociale et du harcèlement vous intéressent, je ne peux que vous recommander ce roman aussi sensible qu’optimiste!

sclingerman-timestandstill-swirl

[Lis] Les Vivants, Matt de la Peña

logan1

Bonsoir à tous! Entre deux articles consacrés à la bande dessinée, je vous écris cette fois au sujet d’un titre que j’avais hâte de découvrir: il s’agit du roman Les vivants, de Matt de la Peña.

vivants couv

Shy a choisi ce job d’été pour mettre des sous de côté. Quelques mois à bord d’un luxueux navire de croisière vont lui permettre d’engranger les pourboires. Que demander de mieux ? Des bikinis à ne plus savoir où regarder, des buffets à volonté, et peut-être même une fille ou deux…

Mais lorsque le tremblement de terre le plus destructeur jamais enregistré dévaste la Californie, le destin de Shy bascule. Et ce séisme n’est que le premier d’une longue série de désastres. Bientôt, ceux qui sont encore en vie devront se battre pour le rester…

Si j’étais aussi impatiente de me plonger dans cette lecture, c’est en raison de la forte impression que m’avait fait son auteur. Rappelez-vous, au mois de décembre dernier, je découvrais Matt de la Peña grâce à son excellente contribution au recueil de Noël intitulé Minuit!.

Je m’étais alors renseignée sur ses autres écrits et Les Vivants – le seul de ses ouvrages alors traduit en français – semblait faire l’unanimité sur la toile. De plus, la quatrième de couverture m’apprenait que le personnage principal de ce best seller était également celui de la nouvelle qui m’avait tant enthousiasmée. Il n’en fallait pas davantage pour attiser ma curiosité!

logan2

Pourtant, c’est un avis en demi-teinte que je m’apprête à vous livrer aujourd’hui. Certes, ce roman possède d’indéniables qualités, mais je ne suis pas sûre qu’elles parviennent à faire oublier les éléments qui, eux, m’ont déçue.

J’ai, d’une part, beaucoup apprécié le sous-genre de ce roman, qui m’a semblé l’équivalent littéraire des films catastrophes, dont je raffole au cinéma. Je n’avais jamais rien lu de semblable et je reconnais l’originalité d’un tel parti pris. L’écriture est agréable et elle parvient tout naturellement à nous plonger dans une atmosphère inquiétante, voire apocalyptique.

Malheureusement, j’ai, d’autre part, achevé cette lecture avec quelques regrets. Mon premier grief concerne le manque de rythme que j’ai ressenti durant les 150 premières pages. Une introduction tardive de l’élément perturbateur m’aurait semblé pertinente si elle avait été profitable à la construction des personnages…

logan3

Ce n’est regrettablement pas le cas ici: les membres de l’équipage m’ont paru parfaitement interchangeables et Shy, lui-même, manquait à mes yeux cruellement de consistance.

A cette lenteur s’ajoute un autre défaut majeur: le suspense que tente d’instaurer Matt de la Peña s’est avéré, dans mon cas, complètement manqué. J’ai compris beaucoup trop tôt où l’intrigue nous menait. La révélation, conçue comme le point d’orgue du roman, m’a dès lors semblé quelque peu laborieuse.

J’ai malgré tout apprécié cette découverte littéraire et l’univers particulier dans laquelle l’auteur immerge son lecteur. Toutefois, alors que la suite vient de paraître, je ne suis pas convaincue de poursuivre ma lecture…

sclingerman-timestandstill-swirl

[Lis] Freaks’Squeele: 1. Etrange université, Florent Maudoux

freaks-squeele...-maudoux-3ec1be2

Bonsoir à tous! Décidément, les articles se suivent et se ressemblent puisque je reviens vous parler aujourd’hui d’une nouvelle bande dessinée. Cela dit, hormis leur support, ces deux titres ont bien peu en commun… Voyez plutôt!

freaks squeele

À la Faculté des Etudes Académiques des Héros, Chance, Xiong Mao et Ombre entament le cursus qui fera d’eux des super-héros aptes à sauver le monde et ses environs. Du moins l’espèrent-ils !

Ces trois nouvelles recrues vont découvrir les joies de la vie universitaire, la concurrence sans pitié entre étudiants, les professeurs sadiques et le stress des examens…

A la lecture des premières vignettes, j’ai senti pointer le coup de cœur et mon intuition s’est aussitôt vérifiée: j’ai véritablement dévoré cet étonnant premier volume. Florent Maudoux, qui en signe le scénario ainsi que le dessin, parvient à imposer en quelques coups de crayon un univers à la croisée du comics et du manga, aussi hybride qu’immersif. Dès sa première planche, l’ouvrage se révèle proprement impossible à refermer… et l’achat des tomes suivants s’érige soudain en priorité absolue!

J’ai été particulièrement séduite par le choix des personnages principaux: au sein de cette école de redoutables super-héros, l’auteur décide de s’intéresser… aux trois plus mauvais élèves!

freaks_squeele_xiong_mao_fille_super_normale

Xiong Mao est une étudiante d’un abord ombrageux et distant, qui se présente d’emblée comme tout bonnement dénuée de pouvoirs particuliers. Chance incarne, elle, la bonne copine, joyeuse et attachante… en dépit des cornes de démon qu’elle porte sur le front. Quant à Ombre, malgré une apparence des plus féroces, il se révèle curieusement timide pour un loup de sa stature!

De leur côté, les personnages secondaires, qu’ils soient camarades de classe ou membres du corps professoral, ont des tempéraments tout aussi affirmés, ce qui laisse présager des épisodes à venir riches en rebondissements. L’identité du mystérieux « Manchot » et son rôle exact dans les événements qui frappent l’académie restent également à éclaircir…

freaks

A l’originalité de la proposition initiale s’ajoute un ton décalé et volontiers humoristique qui nous garantit un excellent moment de détente! Les gags n’entravent toutefois en rien le rythme effréné des aventures de ces apprentis héros, qui surmontent toutes les difficultés sans reprendre une seule fois leur souffle. Les épreuves, dont l’issue n’est jamais prévisible, s’enchaînent et notre improbable trio devra redoubler d’ingéniosité pour venir à bout de ses adversaires les plus coriaces.

pack-freakssqueele

Si vous aimez les mondes parallèles, les personnages atypiques et les intrigues truffées de scènes d’action, je ne peux que vous recommander de découvrir cette innovante série en sept volumes!

 sclingerman-timestandstill-swirl