[Lis] Bye Bye Elvis, Caroline De Mulder

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Bonjour à tous! J’espère que vous passez un agréable dimanche. Le mien est particulier, puisque aujourd’hui, c’est mon anniversaire! Je profite donc de cette journée pour faire tout ce qui me plaît et rédiger cette note de lecture se trouve justement sur ma liste.

Graceland, 16 août 1977, Elvis Presley disparaît et laisse derrière lui des millions d’adorateurs éperdus. Crépuscule du Roi du Rock. Jusqu’à la fin, la longue fréquentation du désastre ne lui avait pas fait perdre toute sa candeur.

Dix-sept ans plus tard, Yvonne entre au service de John White, un vieil Américain au physique fragile. Elle va passer vingt ans à ses côtés, tissant une relation de dépendance avec cet homme dont elle ne sait rien et qu’elle s’efforce de sauver d’une fin misérable.

La vie de White et celle d’Elvis s’entrelacent, dessinant des créatures identiques dans leur difformité et leur isolement. Entre les deux, il est possible qu’un lien existe – à moins qu’ils ne se soient croisés que dans ce roman…

Ce roman a été pour moi un achat parfaitement impulsif. Aperçu sur le comptoir d’une librairie, je m’en suis emparée et je ne l’ai plus quitté. Je n’en connaissais rien, mais son titre a attiré mon attention. Une fiction autour de la vie d’Elvis Presley, dont je suis une grande admiratrice, écrite de surcroît par un auteur belge… Difficile de résister à une telle promesse!

Et pourtant, le fait d’aimer le King est loin d’être un pré requis nécessaire – ce n’est d’ailleurs pas le cas de l’auteur… Au contraire, vos dernières illusions de fans risquent de s’envoler à cette lecture! Elvis est en effet présenté sous son jour le plus fragile: dans un désordre chronologique, nous le découvrons vieillissant et malade, enfant incompris, chanteur débutant au succès mitigé, enfin, superstar harcelée et exploitée. Éternel petit garçon, à jamais meurtri de la disparition de son frère jumeau, Presley cherche approbation et réconfort auprès de personnes qui en abusent.

En alternance, nous faisons la connaissance d’Yvonne, dame de compagnie au service d’un certain John White. Cet américain, d’un âge indéterminé, est obèse, boiteux, aphone.  Il vit dans une solitude proche de la réclusion, dans un appartement parisien hermétiquement clos et toujours glacial. Ses journées sont rythmées par des soins de santé et une quête éperdue de jeunesse, qui le mène aux pires excès.

Il est, selon moi, le personnage le plus bouleversant du roman. Tout comme Yvonne, qui se prend rapidement d’affection pour lui, nous assistons, impuissants, à sa lente déchéance, mentale et physique. Des questions sont soulevées, des parallèles se dressent… et le déclin s’amorce, inexorablement.

*

Vous l’aurez compris, j’ai été fascinée et profondément touchée par ce troisième roman de Caroline De Mulder. Je ne connaissais pas l’auteur, qui a pourtant remporté le prix Rossel en 2010, mais elle m’a séduite par sa langue poétique, son travail sur la ponctuation et sur le rythme, et par la voix toute personnelle qu’elle prête à chacun de ses personnages.

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Depuis cette lecture, j’ai eu la chance de la rencontrer, et je ne l’en admire que davantage. En plus de son talent évident, elle fait preuve de beaucoup d’intelligence, de douceur et d’une sincère humilité. Elle est définitivement une des plumes les plus prometteuses de notre littérature, un nom à suivre de près.

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