[Lis] 2014, le bilan

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Bonjour à tous! Traditionnellement, le début de l’année est l’occasion de dresser un bilan des douze derniers mois écoulés. Sur le plan privé, j’ai vécu une année exceptionnelle, riche en accomplissements, en amitiés et en enrichissement personnel.

Ce ne sera toutefois pas l’objet de cet article (parce que, sincèrement, who cares?), qui tracera plutôt un bref récapitulatif de mes lectures de 2014.

Comme toujours, je n’ai pas lu autant que je l’aurais voulu… J’ai malgré tout fait des découvertes inoubliables et au final, c’est ce qui importe réellement! Peut-être lirai-je davantage en 2015, mais j’espère surtout avoir un sentiment aussi positif en fin d’année.

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En 2014, j’ai lu…

 

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La mort n’est pas un jeu d’enfant, Alan Bradley.

En trois mots: mystère, poisons et perspicacité

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Mon appréciation: 8/10

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Les Amants d’Avignon, Elsa Triolet

En trois mots: héroïne, amour et résistance

Mon appréciation: 9/10

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Le restaurant de l’amour retrouvé, Ito Ogawa

En trois mots: étonnement, silence et imagination

Mon appréciation: 7/10

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Swamplandia, Karen Russell

En trois mots: perte, déchéance et fuite

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Mon appréciation: 9/10

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Le fabuleux destin d’une vache qui ne voulait pas finir en steak haché, David Safier

En trois mots: amusement, légèreté et rebondissements

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Mon appréciation:  7/10

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Bellefleur, Joyce Carol Oates

En trois mots: dynastie et magie gothique

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Mon appréciation: 8/10

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Les douze tribus d’Hattie, Ayana Mathis

En trois mots: famille, espoirs et combats

Mon appréciation:  6,5/10

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Oona et Salinger, Frederic Beigbeder

En trois mots: égocentrisme, et vide intersidéral

Mon appréciation: 2/10

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Miss Peregrine et les enfants particuliers, Ransom Riggs

En trois mots: voyage et univers surnaturel

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Mon appréciation:  7/10

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Le complexe d’Eden Bellwether, Benjamin Wood

En trois mots: fascination, manipulation et hypnose

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Mon appréciation:  9/10

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La vie secrète d’Emily Dickinson, Jerome Charyn

En trois mots: poésie, imagination et liberté

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Mon appréciation: 9.5/10

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Et j’ai relu…

 

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L’Amant, Marguerite Duras

Mon appréciation: 8,5/10

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Alabama Song, Gilles Leroy

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Mon appréciation: 9/10

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Chocolat amer, Laura Esquivel

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Mon appréciation:  7,5/10

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Et on tuera tous les affreux, Boris Vian

Mon appréciation:  8/10

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Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo

Mon appréciation:  8/10

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Ma lecture préférée a été… La vie secrète d’Emily Dickinson, Jerome Charyn.

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Et ma seule et amère déception restera… Oona et Salinger, Frederic Beigbeder.

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[Lis] Frankenstein, Mary Shelley

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Bonsoir à tous! Comme je vous le disais dans cet article, la découverte de Frankenweenie, le film de Tim Burton, a réveillé mon envie d’ouvrir mon exemplaire de Frankenstein. Il figure depuis longtemps sur ma liste à lire, mais je ne l’ai acheté qu’assez récemment, après avoir visité l’excellente exposition Art, science et fiction au MAC’s. Le moment était donc venu de me plonger dans l’incroyable histoire de l’ambitieux docteur et de sa mystérieuse créature.

*

En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sœur des lettres où il évoque l’étrange spectacle dont il vient d’être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d’un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu’il n’est venu s’aventurer ici que pour rattraper quelqu’un – qui n’est autre que la créature monstrueuse qu’il créa naguère, et qui s’est montrée redoutablement criminelle. 

*

Comme le laisse entendre la quatrième de couverture, Frankenstein est un roman où plusieurs narrateurs se succèdent. J’ai trouvé cette construction intéressante, puisque, tout en apportant une variété de tons et de points de vue, elle permet également de nous approcher progressivement, presque prudemment, de celui qui demeure nommé « la créature ».

J’ai particulièrement apprécié les chapitres où ce dernier prend la parole. Loin de l’image du monstre stupide ou assoiffé de sang, la créature fait au contraire preuve d’une vivacité d’esprit et d’une sensibilité exacerbée qui font d’elle le personnage le plus attachant du récit. Tout cela ne doit pas, pour autant, faire oublier les actes de violence dont il se rend coupable et qui, bien plus que son hideuse apparence, justifie le qualificatif de « monstre » dont il se voit régulièrement affublé.

Frankenstein, pour sa part, n’est pas moins ambigu. Admirable pour son génie scientifique, sa soif de découverte, son dévouement à l’égard ses siens, il se révèle par ailleurs décevant, lorsqu’il fuit ses responsabilités ou enchaîne les mauvaises décisions. Le parallèle que l’on peut établir entre créature et créateur, tous deux faits d’ombre et de lumière,   voués au malheur et à un destin tragique, m’a d’ailleurs interpellée.

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En conclusion, j’ai aimé remonter aux origines de la science-fiction et découvrir le vrai visage de ce monstre qui a tant inspiré les arts, de la publication du roman à ce jour.

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[Lis] Le monde de Charlie, Stephen Chbosky

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Ceux qui ont entendu parler de ce roman devaient s’attendre à le voir apparaître sur mon blog, un jour ou l’autre. Et pour cause: on le compare toujours à L’attrape coeurs, le livre qui – en moins d’une page – a fait de moi une passionnée de littérature américaine. Le seul que j’aie relu plus de trois fois. Celui qui m’accompagne depuis une décennie, et que je rachète sans cesse tellement je l’annote et l’use.

Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, ce rapprochement était plutôt un désavantage à mes yeux: en plus de ma crainte d’avoir affaire à une pâle copie, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il est défendu de toucher au roman culte de Salinger. Vous n’imaginez pas ma colère quand Hollywood menace de s’en emparer!

Ma curiosité était néanmoins en alerte, et lorsque j’ai appris que l’adaptation cinématographique du Monde de Charlie arrivait dans nos salles au début du mois de janvier, j’ai senti que le moment était venu.

*

Au lycée où il vient d’entrer, on trouve Charlie bizarre. Trop sensible, pas «raccord». Pour son prof de Lettres, c’est un prodige ; pour les autres, juste un freak. En attendant, il reste en marge – jusqu’au jour où deux étudiants, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. La musique, les filles, la fête : c’est tout un monde que Charlie découvre…

*

Dès le début de ma lecture, j’ai compris pourquoi Charlie était si souvent comparé à Holden. Ces deux narrateurs  s’avèrent également paumés, hypersensibles, incompris. En équilibre instable sur le plan psychologique, ils dépeignent, sur un ton oral et à l’aide d’un vocabulaire qui leur est propre, leurs grands moments d’enthousiasme comme leurs plus sombres pensées, et passent d’un extrême à l’autre sans réelle transition.

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Ce qui m’a étonnée, c’est qu’alors que les premières pages, tout comme les dernières, imposent véritablement une telle similitude à l’esprit du lecteur, cette ligne parallèle se voit brisée, en cours de récit. Car, contrairement à Holden, qui s’isole le temps d’une fugue, l’histoire de Charlie démarre avec son amitié naissante pour Patrick et Sam. Et c’est de son regard sur l’autre que naît la richesse de ce roman.

En effet, en moins d’une année de lycée, Charlie se retrouve impliqué dans des situations qui le changeront à jamais: première sortie, première petite amie, première bière, mais aussi la découverte des substances illicites, la confrontation aux questions de la discrimination, de la violence, de la différence.

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Le héros, longtemps invisible aux yeux de ses semblables, observe le monde qui l’entoure avec une attention extrême. Cette mise en retrait fait sa force comme sa faiblesse, car la passivité de Charlie le rend incapable de dire non et lui interdit toute initiative. Mais, en allant à la rencontre de l’altérité, et grâce aux excellentes lectures que lui recommande son professeur, le narrateur évolue, et son introspection l’amène finalement à remonter, à son corps défendant, aux sources de son mal-être.

J’ai fini ce livre interloquée, bouleversée. Les lettres, signée « Ton ami, Charlie », établissent un sentiment de proximité très fort entre Charlie et le lecteur. Alors comment avais-je pu ne pas comprendre, ne pas voir? Peut-être que nous devrions tous prendre exemple sur Charlie, en étant plus attentifs, plus à l’écoute…

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Il y a encore de nombreuses choses dont j’aimerais discuter ici, mais je les passerai sous silence afin d’éviter de tout vous dévoiler. Je conclurai donc simplement en disant à quel point j’ai été touchée par Le monde de Charlie, qui hante encore mon esprit au moment où je vous écris. J’espère que le film, réalisé et scénarisé par l’auteur, sera à la hauteur de ce formidable roman initiatique.

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[Lis] Le fantôme de l’opéra, Gaston Leroux

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Bonjour à toutes et à tous! Je vous écris au lendemain d’un Noël parfait, en espérant que le vôtre fut tout aussi féerique. J’ai trouvé sous le sapin plusieurs romans extrêmement prometteurs, ainsi que deux jolis appareils de cuisine, mais j’y consacrerai des articles spécifiques dans les jours à venir!

Absorbée par l’esprit des fêtes de fin d’année, j’ai pris un peu de retard dans mes articles ici, et vous savez à quel point cela me perturbe. Je vais donc tâcher de vous parler au mieux d’un livre que j’ai terminé il y a déjà une ou deux semaines : Le fantôme de l’opéra.

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Paris, 1878. Des drames inexpliqués secouent l’opéra Garnier : un machiniste est retrouvé pendu au bout d’une corde et le grand lustre se décroche en pleine représentation. Un mystérieux «fantôme de l’Opéra» hante les lieux, se livrant à un étrange chantage…

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Je l’avoue, pour une fois, j’ai fait les choses dans le désordre puisque j’ai découvert le Fantôme dans sa version cinématographique, avant de me plonger dans les mots de Gaston Leroux. Je souhaitais revenir à la source du récit depuis bien longtemps, et je remercie Le Vert Lisant de m’avoir prêté son exemplaire du roman.

J’y ai retrouvé tout ce que j’avais tant aimé dans le film. Le mystère, d’abord, qui entoure les évènements tragiques se produisant au sein de l’Opéra. Car, dans un premier temps, nous ignorons tout de l’homme derrière le Fantôme, et ses agissements paraissent incompréhensibles, voire surnaturels.

Je me suis à nouveau prise d’affection pour le Fantôme, même si, je dois bien l’avouer, certains pans de son histoire – révélés par Le Persan et passés sous silence dans le film – m’ont fait comprendre toute l’ambiguïté de sa personnalité. En effet, si l’adaptation attribuait son côté monstrueux à son apparence dérangeante, le roman nous dépeint un être profondément perturbé, capable d’une violence inouïe.

Bien que j’aie constaté certaines longueurs dans la première partie du livre, je me suis rapidement retrouvée happée par ce dédale fait de trappes, de sous-terrains et de pièces étranges. Petit à petit, je me suis d’ailleurs aperçue qu’en plus de la figure du labyrinthe, plusieurs allusions mythologiques se laissent découvrir, au fil des pages: Amour et Psyché, la descente aux enfers, mais également Pygmalion et Galatée… J’ai aimé ces références discrètes, qui enrichissent véritablement le roman.

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Je remercie encore le Vert Lisant pour sa générosité, et je vous dis à très bientôt!

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[Lis] La petite dame en son jardin de Bruges, Charles Bertin – Par le Vert Lisant

 

Après deux articles gourmands, la littérature est de nouveau à l’honneur, grâce à mon lecteur en résidence, Le Vert Lisant.

Comment rendre compte de cet ouvrage, comment l’évoquer ici, comment exprimer le sentiment que l’on éprouve une fois la dernière page tournée?

Dire que c’est un » beau livre », bien sûr, ajouter qu’il est « attachant », certes, mais ces mots, bien que vrais, ne disent pas réellement les qualités de l’ouvrage et les termes justes semblent m’échapper. Aussi, vais-je m’autoriser un détour qui exprimera mieux ma pensée: celui d’une visite dans un musée de peintures.

Vous parcourez les salles, vous vous arrêtez quelques instants à chaque œuvre et vous poursuivez. Et, soudain vous découvrez un tableau devant laquelle vous allez vous attarder parce qu’il vous touche profondément. Vous avez l’impression d’être en empathie avec lui et qu’un sentiment indéfinissable semble vous unir. Et, lorsque vous le quittez, lui, il ne vous quitte pas. C’est, là, cette impression que j’avais éprouvée en achevant, il y a quelques années, la lecture de ce livre.

Dans mon enthousiasme, je l’ai prêté et, comme cela arrive parfois, l’on a oublié de me le rendre. Aussi lorsque, dernièrement, je l’ai déniché un peu perdu entre les volumes d’une bibliothèque, je me suis empressé de l’emprunter. Et les impressions, les sentiments sont revenus avec force et intacts.

Je ne vais pas résumer l’œuvre, ce serait je crois la trahir. Disons, simplement, qu’un homme âgé se souvient des journées merveilleuses de vacances d’été qu’il avait passées, il y a cinquante ans de cela, auprès de cette « petite dame » qui était sa grand-mère: « un être dont la vitalité et l’invention paraissaient inépuisable ». Il émane de ces pages une émotion faite de tendresse mêlée à une sorte de nostalgie douce et heureuse qui vous laisse tout à la fois ébloui et rêveur. La phrase glisse, élégante, simple mais de cette fausse simplicité qui cache un long travail sur la langue avec, ça et là, l’éclat d’un bijou.

C’est un court récit mais c’est un grand livre qui fait particulièrement honneur aux lettres françaises de Belgique. Je ne saurais trop vous le recommander.

Mille mercis pour ce très bel article!

[Lis] Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

Bonjour tout le monde! Me voici de retour avec une note de lecture extrêmement enthousiaste. On m’avait promis que j’adorerais Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, pourtant, je ne m’attendais pas à un tel coup de coeur. Je trouve même cette expression en-dessous de la vérité. Afin de vous proposer une image plus adéquate, je dirais que j’ai envie d’en distribuer des copies au monde entier! Enlivrez-vous, c’est ma tournée!

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Leur vie, ainsi que celle de toute une communauté, en sera à jamais bouleversée.

Dès les premières pages, j’ai été frappée par l’originalité du ton: la narratrice est une fillette de huit ans, d’une intelligence rare, et qui porte un regard à la fois candide et lucide sur le monde qui l’entoure. Ce monde, justement, est bien plus qu’un simple décor, il se trouve être une des composantes majeures du roman.

En effet, le récit se déroule dans une petite ville du Sud des Etats-Unis, au coeur des années trente. Nous faisons la connaissance d’un certain nombre de ses habitants, qui forment une galerie de portraits aussi variée qu’assortie. Ils forment un tout cohérent, un microcosme. Car si cette oeuvre est clairement située, en termes d’espace-temps, son message vise, quant à lui, à l’universalité.

Le sujet principal est, de ce fait, toujours d’actualité, puisqu’il s’agit de la question des préjugés et du tort qu’ils peuvent causer. Le titre du roman en est d’ailleurs une métaphore particulièrement évocatrice: tuer un oiseau moqueur est un péché, car cet animal que chanter pour le plaisir des oreilles, sans jamais nuire à qui que ce soit. Nous rencontrons deux personnages qui ressemblent à ce volatile: Tom Robinson, présumé coupable à cause de sa couleur de peau, et Boo Radley, un voisin reclus devenu une véritable légende urbaine pour le voisinage. Les habitants de la ville offrent un éventail de réactions face à l’altérité, de ceux qui la rejettent, à ceux qui l’embrassent, en passant par tous les intermédiaires imaginables. Cela apporte une dimension nuancée qui enrichit encore cette passionnante thématique.

 

J’ai été extrêmement touchée par les valeurs que l’on retrouve dans ce roman et dont Atticus se fait le porte-drapeau. Ne perdant jamais son sang froid, refusant d’émettre le moindre jugement péjoratif à l’encontre de ceux qu’il persiste à appeler ses amis, il est un modèle d’harmonie et de sérénité pour ses enfants. Les circonstances amènent ces derniers à grandir vite, et nous les voyons évoluer de gamins trop curieux, à l’imagination débordante, à de petits citoyens exemplaires.

Le dénouement m’a tenue en haleine autant qu’il m’a bouleversée.  En refermant ce roman, je me suis dit que je devrais à tout prix le prêter, pour que son message ne cesse de se diffuser. Lisez-le sans attendre, et venez m’en reparler!

 L’avis de Catherine

Je l’ai commencé et suis tombée sous le charme! Livre très bien écrit, qui n’a pas pris une ride et dont on se sépare difficilement!